Les nouvelles technologies peuvent-elles conduire vers un nouveau type de management ?

Table des matières

Introduction

Depuis quelques années, le monde connait une révolution numérique sans pareille. La technologie s’est emparée de notre vie et a complètement bouleversé notre société ainsi que les comportements humains.

D’ailleurs qui ne détient pas de smartphones à l’heure d’aujourd’hui ? Qui n’utilise pas d’ordinateurs dans son travail ou de technologie plus puissante encore ? Une question qu’on trouverait surement idiote de poser connaissant l’omniprésence de la technologie numérique dans nos vies. Dans l’hexagone, ce sont plus de 77% de Français qui détiennent un smartphone.

La principale utilisation que nous en faisons va en direction des messages et des conversations à travers les applications de messagerie et les réseaux sociaux. Vient ensuite la recherche d’informations et la veille, puis les jeux vidéo pour les plus jeunes majoritairement. On entend alors souvent dire que cette technologie abrutit les jeunes, et les rend addict. Est-ce vrai ? Est-ce faux ? Est-ce forcément mal ? Et si cette technologie leurs permettrait au contraire de développer leurs compétences et leurs motivations ? Ne serait-il donc pas possible d’utiliser ces outils à d’autres fins ?

Ne serait-il pas possible d’associer la technologie (notamment numérique : smartphones, objets connectés …) et le management ? Après tout, cette technologie, qui fait partie de notre vie maintenant est à adopter et maitriser pour faciliter notre quotidien et nos relations. La technologie pourrait alors être capable de nous amener vers un nouveau type de management. Un management plus libre. Un management plus participatif. Et pourquoi pas un management individuel et une autogestion.

Pour vous le démontrer, je vais m’appuyer sur le monde du sport. Le sport et la technologie sont intimement liés et ce puis très longtemps. Elle a permis aux sportifs de toujours courir plus vite, sauter plus haut, nager plus rapidement (etc). Le numérique d’aujourd’hui, avec ses légions d’objets connectés, d’applications et d’écrans n’y fait pas exception. Désormais, les sportifs professionnels recourent largement au big data, c’est-à-dire à l’analyse des mégadonnées, pour disséquer et améliorer leurs performances. C’est notamment le cas de l’équipe de France de football. Vainqueur de la Coupe du monde 2018, celle-ci a largement recouru à ces outils pour épauler ses joueurs et ajuster sa stratégie.

Dans cette déferlante de technologie, le sportif du dimanche n’est pas oublié. Ainsi, pour la course à pied, très à la mode ces dernières années, les applications de la vague dite du quantified self, consacrées à l’autoévaluation des performances, pullulent. Plus besoin d’être inscrit à un club de sport pour pratiquer des entraînements sportifs efficaces. Chacun peut apprendre et développer ses compétences par le biais de son smartphone, d’applications et mêmes des réseaux sociaux.

Si les sportifs professionnels et amateurs utilisent la technologie pour se motiver, s’évaluer et développer leurs compétences, pourquoi pas les directeurs d’entreprises et les cadres ?

I. LES NOUVELLES TECHNOLOGIES DANS LE MILIEU SPORTIF

Avant toute chose, il est important de définir certains thèmes qui seront développés et récurrents au cours de ce mémoire. Le sujet porte sur la motivation et la performance d’un point de vue général.

Nous définirons donc la motivation comme l’ensemble des facteurs déterminant l’action et le comportement d’un individu pour atteindre un objectif ou réaliser une activité. Ce qui pousse quelqu’un à agir. La motivation, poussant à l’acte et l’action étant mesurable, nous parlons bien souvent de performances. Une performance est un résultat ou une réussite obtenue dans un domaine particulier, par une personne ou une équipe. La performance implique l’idée de résultat, de réalisation au comportement, d’une personne face à une situation donnée. Cette performance est mesurable de plusieurs manières différentes suivant l’activité. Cette performance peut être positive ou négative, mais le développement de performances lui tend vers une acquisition positive.

C’est donc cette motivation et cette performance qui est à développer pour atteindre des objectifs. Et pour atteindre des objectifs, on parle souvent de management. En effet, le management c’est la mise en œuvre des moyens humains et matériels pour atteindre ses objectifs. Il correspond à l’idée de gestion et de pilotage. On l’applique bien souvent au monde de l’entreprise et pourtant, nous nous donnons des objectifs à réaliser dans la vie de tous les jours. Le management s’applique donc à tous les domaines et également au domaine sportif. Il est même possible de parler de management individuel pour atteindre ses objectifs personnels.

Pour certains le management est un « art ». Mais ceux qui ont appris à ne pas trop s’en laisser compter préciseront que si le management est un art, c’est avant tout celui d’inciter les autres ou soi-même à faire ce qu’ils n’ont pas toujours forcément envie de faire ! C’est comme cela qu’on en revient naturellement à la question de la motivation. Comment motiver et comment trouver une source de motivation n’est pas une question facile, et beaucoup se sont fatigués à la tâche.

S’il est possible d’analyser les motivations, c’est par la persévérance des personnes à continuer une activité jusqu’à atteindre ses objectifs. Le sport est un domaine demandant beaucoup de motivations, que nous allons analyser.

1. LES NOUVELLES TECHNOLOGIES : UN LEVIER D’INNOVATION

Si il y a un domaine, outre le milieu professionnel et scolaire, qui nous est réservé depuis l’enfance et dans lequel on entend souvent parler de motivations et de performances, c’est bien le sport. Un domaine qui pousse ses pratiquants à apprendre, à se développer, à se gérer. Un domaine où la performance des athlètes ne fait qu’évoluer en s’améliorant au cours des années.

De tout temps, les sportifs n’ont jamais cessé d’améliorer leurs performances. Afin de battre des records, chaque discipline s’est éprise du savoir de chacun afin de réaliser les meilleures performances possibles. Ce pourquoi, dès l’arrivée de la technologie dans notre société, celle-ci s’est rapidement attachée au domaine du sport.

En 1903 il fallait lire le journal les jours d’après afin de découvrir le résumé d’étapes du Tour de France en cyclisme. En 1939, on peut les suivre à la radio et on a pu dès 1948 les regarder à la télévision. Internet, les smartphones, et les réseaux sociaux ont fait basculer l’épreuve dans une nouvelle ère, brisant les murs entre les fans, les professionnels et autres journalistes qui suivent désormais en direct les offensives des cyclistes. Aujourd’hui, les coureurs sont équipés sous leur selle de capteur GPS. Avec son smartphone, le téléspectateur peut alors prendre connaissance de la position exacte et/ou de la vitesse de son favori. Et il n’y a pas que dans le cyclisme qu’on retrouve cette révolution. De tout temps les nouvelles technologies et les nouveaux médias ont révolutionné le monde du sport par le biais du numérique, avec ses légions d’objets connectés, d’applications et d’écrans. On retrouve ainsi des raquettes connectés au tennis, des stades 2.0 au football, le e-ballon au basket, etc.

Autant dire que le sport, quelle que soit la discipline, est véritablement un domaine qui parle à tout le monde et ce depuis toujours. Pourtant, même si les compétitions sportives bénéficient d’une certaine notoriété, et ce grâce aux nombreuses diffusions de la communication numérique, il n’est pas toujours apprécié de tous surtout quand on leurs demande de pratiquer. Il est parfois difficile de s’y mettre et de ne pas arrêter au bout de quelques séances. Certaines personnes n’aiment pas le sport et cela n’a rien d’anormal. Lorsque l’on décide de faire des efforts, cela implique une certaine persévérance, voir une lutte contre la douleur. Un sentiment bien désagréable de premier abord, mais qui procure ensuite le sentiment d’être purifié et régénéré. Alors faut-il encore trouver la motivation.

Pourtant, chaque année les Français sont de plus en plus nombreux à pratiquer une activité physique et sportive selon la Fédération Française d’Education Physique. Alors d’où viennent leurs motivations ? Comment conditionnent-ils leurs investissements et leurs persévérances ? Comprendre les motivations c’est tenter de comprendre pourquoi un sportif s’engage dans une activité et pourquoi il abandonne. Pourquoi certaines personnes s’investissent plus que d’autres et comment renforcer et maintenir cet investissement sur le long terme. Derrière ces questions essentielles se cachent des phénomènes parfois complexes, pas toujours facile à appréhender. Chaque sportif peut avoir des raisons très différentes pour s’investir dans une activité. Mais certains facteurs reviennent plus régulièrement que d’autres, alors essayons de les analyser.

a. LES DIFFÉRENTES SOURCES DE MOTIVATIONS DANS LE SPORT

Tout d’abord, il est possible de retrouver des facteurs internes. On les nomme les motivations intrinsèques. Ce sont les motivations qui sont liées à l’activité elle-même, au plaisir ou à la satisfaction que l’on peut ressentir grâce à sa pratique. Parmi les motivations intrinsèques, on pourrait segmenter en trois sources différentes. Le sportif peut-être attiré par les sensations ressenties, comme le fait de se détendre ou de se dépenser grâce à la pratique sportive ; les connaissances, le fait d’apprendre, de maitriser des techniques et/ou de progresser dans la maitrise de ces techniques ; ou encore l’accomplissement, la satisfaction de repousser ses limites, d’atteindre ses objectifs.

Ensuite, on peut également retrouver des facteurs externes à la personne, qui peuvent cependant motiver de nombreuses personnes à réaliser des activités, à se motiver ainsi qu’à se surpasser. Ce sont les motivations extrinsèques. Elles correspondent à un engagement non pas pour l’activité en soi mais pour ses conséquences. Le sport n’est alors plus une fin en soi mais un moyen d’obtenir quelque chose. On pourrait alors retrouver dans ces motivations externes l’obtention de récompenses (médailles, cadeaux, gains financiers, etc) ; l’approbation sociale en gagnant l’admiration des autres, la reconnaissance ; ainsi que la comparaison sociale dit aussi l’hyper compétitivité, c’est-à-dire le fait de vouloir apparaitre comme le meilleur en cherchant à battre les autres à tout prix.

A savoir qu’en général, nos actes sont motivés de différentes façons. L’interaction des différents facteurs peut alors avoir lieu. Un sportif peut par exemple éprouver du plaisir à s’entrainer et à progresser (motivations intrinsèques) mais être également intéressé par les récompenses qu’il pourrait recevoir selon les résultats (motivation extrinsèque). Les différentes motivations peuvent donc cohabiter et l’expérience du domaine semble même montrer qu’il est préférable de disposer de différentes sources de motivations, qui pourront en quelques sortes se relayer pour maintenir l’intensité de l’engagement du sportif.

Les travaux de nombreux chercheurs montrent cependant que la motivation intrinsèque est plus stable et plus durable. Un sportif uniquement motivé de façon extrinsèque est souvent moins persévérant. Il parait donc indispensable que la motivation soit, au moins en partie, intrinsèque pour que le sportif persévère dans son activité. Maintenant que les motivations ont été décrites, il est intéressant de savoir quels peuvent-être les leviers de chacune d’entre elles. Et bien, aujourd’hui, ce sont les technologies qui viennent en renfort à la pratique sportif en se positionnant comme accompagnatrices et coachs et qui permettent de pousser à l’action et ce quel que soit les facteurs sources de motivations.

b. LES LEVIERS DE MOTIVATIONS INTRINSEQUES

Revenons sur nos motivations afin de le démontrer, et commençons par les motivations intrinsèques. Nous avons dit que pour se motiver, le sportif peut-être attiré par les sensations ressenties, comme le fait de se détendre ou de se dépenser grâce à la pratique sportive. Cette sensation est associée à la santé et au bien-être et c’est majoritairement le 1er levier de motivation. La pratique d’une activité physique produit un bénéfice aussi bien physique que psychologique. Le sport limite le risque de développer des maladies cardiovasculaires et aide à lutter contre le stress. Des messages nombreux qui nous sont familiers, des attentes aussi et une prise de conscience progressive qui commence à opérer et à gagner du terrain sur les plus récalcitrants. Désormais, « sport » rime alors avec « bien-être ». Mais l’un des freins majeurs à la pratique quotidienne est le temps qu’il impose. Trouver son club ou sa salle de sport, s’y rendre, prendre un engagement sur le moyen ou long terme repoussent rapidement les plus hésitants. En France en 2018, ce sont ainsi 70% des adhérents des salles de sport qui ne renouvellent pas leur abonnement à l’issue de la première année. C’est à ce moment qu’arrive la technologie. Des startups ont ainsi développé des solutions qui facilitent la pratique du sport et l’accès aux salles quel que soit l’endroit où vous vous trouvez.

Gymlib par exemple, est la première Marketplace qui permet d’accéder aux salles de sport à la carte sans aucun engagement ni frais d’adhésion et aux meilleurs tarifs négociés.

Pour les personnes n’ayant pas le courage de se rendre dans les salles de sports après de longues journées de travail, des startups comme Macadam Tonic ou Yofitness ont trouvé d’autres alternatives. Macadam Tonic propose une méthode spécifique de « mise au sport » avec des exercices rapides adaptés au lieu dans lequel vous vous trouvez (au bureau et sans douche par exemple). Quant à Yofitness, elle a développé une plateforme web permettant d’accéder à des coachs sportifs qui ont tourné plus une centaine de vidéos, de cours, d’exercices dans toutes les disciplines. C’est à vous de définir vos objectifs (perte de poids, prise de masse, renforcement musculaire…) et l’application vous proposera un programme d’entrainement adapté. De nombreuses applications mobile sont disponibles et téléchargeables sur les smartphones iOS ou Android. Il y en a pour toutes les disciplines et tous les objectifs. Par le biais notamment des smartphones, les nouvelles technologies sont un levier important aux freins qui pourraient survenir sur la motivation intrinsèque. On retrouve d’ailleurs dans cette source de motivation des facteurs visant à apprendre, à maitriser des techniques ou encore l’accomplissement, la satisfaction de repousser ses limites, d’atteindre ses objectifs.

On entend souvent dire que la plaisir doit toujours rester au centre de l’activité. Cela permet par ailleurs de garder une source de motivation intrinsèque afin d’être plus persévérant. C’est généralement le cas lorsque l’on débute un sport. Mais par la suite la recherche de performances ou la monotonie relègue parfois le plaisir au second plan.

La monotonie peut pourtant être évitée en diversifiant son entraînement, en réalisant des séries variées ou en utilisant différents matériels. Essayer souvent des nouvelles choses est une bonne manière pour garder le plaisir de faire du sport. Mais il n’est pas si simple de réaliser différents types d’entrainements lorsque l’on est amateur et novice dans la pratique et/ou lorsque l’on s’exerce seul.

Il faut se fixer des objectifs lors de chaque entraînement. Par exemple, courir sans but, en enchaînant simplement les kilomètres n’est pas très agréable. Les objectifs dans un entraînement peuvent être multiples : faire un temps, une longue distance, avoir une régularité parfaite, maîtriser un nouveau parcours…etc. Si la difficulté de cet objectif est bien dosée, le sportif aura plaisir à l’atteindre. Et la technologie le permet mieux que quiconque. Les applications de Running comme Endomondo par exemple, permettent de se fixer des objectifs en fonction de ces compétences actuelles. Ainsi, les applications nous proposent chaque jour une nouvelle séance d’exercice et permet d’avancer progressivement dans nos objectifs.

Si la monotonie peut-être un frein à l’activité, elle s’accentue bien souvent par le fait de pratiquer seul. La rencontre et le partage deviennent désormais des points très attendus dans les loisirs sportifs. Pratiquer en groupe renforce la motivation et la détermination à faire du sport. De nombreuses applications et services pour trouver un partenaire, et/ou un lieu de pratique se sont alors développés ces dernières années. Check and move, Jogg.in, Sportroops, Unlish ou encore NeedSporty ont toutes comme point commun de faciliter la recherche de partenaire et de session d’entrainement. Il n’a jamais été aussi simple de développer son réseau de sportifs et ainsi pratiquer en toute liberté, quand bon vous semble l’activité physique de votre choix. Le principe est simple : j’ai envie de faire un tennis, une session de running ou une partie de pétanque, je me connecte sur une de ces applications et cherche des partenaires ou parties organisées à proximité du lieu où je me trouve. Il ne vous reste plus qu’à vous y inscrire. Trouver des partenaires est une chose, trouver un lieu de pratique en est une autre. Gotcours en a fait sa spécialité pour le tennis. Vous renseignez l’heure, la date à laquelle vous souhaitez pratiquer et Gotcours s’occupe de vous trouver le lieu. Les grands équipementiers ont compris cette tendance du sport « ensemble » et proposent de véritables rendez-vous hebdomadaires à leurs clients. Ainsi Nike organise régulièrement des sessions de running dans la capitale.

Des coachs entourent ces sessions où l’on finit généralement par une petite collation au sein de la boutique. Et pour partager et échanger sur ses bons moments de sport, des réseaux sociaux dédiés au sport se sont créés. Photos, souvenirs, performances sportives réalisées, prochains rendez-vous peuvent ainsi être partagées avec votre cercle d’amis sportifs.

A la monotonie s’ajoute également la recherche de performances. Un autre facteur pouvant prendre le dessus sur le plaisir de pratiquer pour son propre bien-être. Et encore une fois, on peut voir un attrait indéniable pour les sportifs que permettent la technologie et l’innovation : l’analyse des performances ! Il est désormais possible de pratiquer son sport comme un professionnel, notamment grâce à l’arrivée massive de multiples capteurs.

Depuis bien longtemps, l’homme tente de réduire la technologie à un format de poche pour la transporter partout avec lui. Aujourd’hui, ses désirs sont réalités. Les objets connectés sont devenus monnaie courante, et on ne compte plus les wearables (objet connecté portables) sur le marché. On retrouve par exemple des montres, des bracelets, ou encore de simples capteurs à placer dans nos vêtements.

Les ventes mondiales d’objets connectés wearables sont en forte hausse depuis 2015. Dopés par l’attrait des bracelets connectés de sport comme ceux de Fitbit et le lancement de la montre connecté Apple Watch, les wearables se sont écoulés à 78.1 millions d’exemplaire cette année-là. Ces appareils permettent de mesurer le nombre de pas parcourus en une journée, les calories brulées, ou encore retracés les parcours effectués lors d’un trajet ou d’une journée. Leurs ventes est en forte croissance et devrait atteindre selon les analystes, 528 millions d’unités d’ici à 2021. Ces appareils régalent tant les mordus de sport que ceux accrochés aux nouvelles technologies.

La récolte de données est devenue essentielle et plusieurs startups travaillent sur ce créneau. Cédric Mangaud, fondateur de la startup PIQ, a créé un capteur multisport qui s’adapte à chaque sport via des accessoires spécifiques et récolte de nombreuses informations. La « démocratisation » de l’analyse des performances est en marche et la technologie prend une place croissante dans la pratique amateur. Autre startup, Mojjo, propose quant à elle de révolutionner l’accès aux données dans le tennis. A partir d’une seule caméra, les joueurs peuvent bénéficier d’informations précises sur leur partie (nombre de points gagnés, pourcentages selon les coups, nombre de retour gagnant, etc…). Et pour les semi-pros, Mojo permet aux coachs de discuter des points et gestes à améliorer.

Autre ambition du sport connecté : prévenir des risques de blessures. Sensoria, à l’étranger ou encore Citizen Sciences en France ont ainsi lancé leurs premières gammes de vêtements connectés qui renseignent sur l’activité cardiaque, la température corporelle ou encore les zones musculaires les plus sollicitées durant l’effort. Des informations qui permettent d’adapter la session d’entrainement et de prévenir les risques de blessures ou d’accidents. Ainsi, on peut comme dans des entrainements professionnels, progresser rapidement en surveillant sa santé afin de ne pas tomber dans une dérive, et s’épuiser.

2. UNE AIDE A LA DE-SEDENTARISATION ET AU SURPASSEMENT DE SOI

Bien souvent associées à la sédentarité depuis leur arrivée, les nouvelles technologies ont eu plutôt tendance jusqu’à aujourd’hui à nous inciter à rester assis devant un ordinateur ou devant un téléviseur équipé d’une console de jeu, en nous permettant de visiter le monde entier, ainsi que des mondes virtuels infinis sans sortir de chez soi.

Alors qu’auparavant, il nous était obligé de sortir de chez nous pour jouer avec nos amis, et partager sur nos centres d’intérêts, les jeunes d’aujourd’hui le font avec beaucoup plus de facilité. Plus besoin de passer la porte, et la plupart en profitaient alors pour rester au chaud. Les réseaux sociaux les mettent en relations à tous instants. Et pour la question de jouer ensemble, les consoles de jeux nouvelles générations permettent de jouer avec n’importe qui à travers le monde, de se parler par le bais de casque avec micro intégré, et de ressentir l’impression d’être ensemble sans être dans la même pièce.

Cependant, une nouvelle vague d’innovation est apparue et va venir changer la donne. Ainsi, des objets connectés et des jeux vidéo sont maintenant conçus dans le but de nous faire bouger plus, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de notre logement.

a. LES TRACKERS D’ACTIVITES : DES COACHS ÉLECTRONIQUES

Les moniteurs d’activités physiques sont des objets connectés ou des applications qui vont mesurer notre activité physique. Ils permettent de savoir précisément combien de pas vous avez effectué dans la journée, à quelle intensité, etc. Le logiciel de ces podomètres nouvelle génération est conçu pour vous motiver à marcher d’avantage afin d’accomplir certains objectifs. Et bien qu’à première vue on a tendance à évaluer cet outil comme un simple gadget pour enfant, il peut s’avérer bien utile. Vous pouvez par exemple savoir où vous en êtes chaque jour par rapport à l’objectif 10 000 pas par jour prôné par l’Organisation Mondiale de la Santé et vous serez ainsi capable de quantifier vos efforts.

Pour vous inciter à bouger plus, ils vous envoient régulièrement des rappels par le biais de notifications et vos mouvements sont enregistrés dans une application qui résume votre activité physique sous la forme de graphique. Il est alors possible de comparer simplement le nombre de pas marché et le nombre de calories dépensées, d’un jour sur l’autre et connaître le pourcentage d’accomplissement de vos objectifs tout au long de la journée. Vous avez même la possibilité de vous comparer à vos amis, en organisant de petites compétitions amicales sous forme de challenges dans un seul but : vous inciter au quotidien à marcher plus. Certains de ces bracelets peuvent également mesurer votre rythme cardiaque et enregistrer vos séances de natation ou votre sommeil.

Le pionnier du secteur est la société américaine Fitbit qui propose toute une gamme de bracelets connectés avec ou sans écran qui sont reliés à votre smartphone afin d’enregistrer votre activité physique.

L’entreprise française Withings propose elle aussi toute une gamme de capteurs d’activités.

D’autres acteurs comme Apple ont combiné le principe des trackers d’activités avec celui des smartphones pour créer des montres connectées. Des montres qui en plus de servir de tracker d’activité sont aussi capables de vous signaler un appel, d’afficher vos emails et sur lesquelles vous pouvez installer toutes sortes d’applications.

Mais si vous n’êtes pas prêt à investir dans ce genre d’appareil, sachez que vous pouvez tout simplement utiliser une application pour smartphone. Sur iPhone vous pouvez ainsi vous servir de l’application Santé qui est préinstallée sur votre appareil et sur Android, Google propose l’application Google Fit.

Un autre point positif de ces applications, c’est le fait de pouvoir partager et comparer ces données avec d’autres utilisateurs. Une solution intégrée dans la totalité des outils cités. Les applications proposent même des parcours définis et la possibilité de mettre en relation les coureurs par exemple afin de leur permettre de réaliser des séances collectives. Cela permet d’en motiver plus un à sortir de chez soi et à faire des rencontres.

Ces applications et ces outils sont alors devenus très impactant sur le moral. La psychologie est très importante. Le fait de s’entrainer en équipe génère plus de confiance et entraine une meilleure tolérance à la douleur. Des chercheurs affirment que le fait de s’entrainer collectivement dans les salles de sports ou en dehors peut provoquer des poussées importante d’endorphine et les sportifs amateurs comme professionnels ont souvent ce besoin de reconnaissance. Nous souhaitons tous avoir un respect de soi même mais surtout une reconnaissance et appréciation des autres. Qui n’est pas fier de ses exploits et de ses réussites ? Aujourd’hui quand cela arrive nous aimons les partager et recevoir des compliments de notre entourage. Et ceci est une grande tendance qui a vu le jour il y a quelque temps déjà « la socialisation et l’exhibition de ses performances sportives ».

Notre coach est devenu notre smartphone, et/ou notre montre connectée. Ils sont là à nous rappeler qu’aujourd’hui telle ou telle séance est programmée et c’est à eux qu’on se réfère pendant nos entrainements, et même après. En fin d’entrainement il y a cette satisfaction d’avoir été jusqu’au bout mais aussi de montrer qu’on l’a fait ! Le partage se fait alors très vite sur les réseaux sociaux. Les conséquences ? Au pire, les gens s’en moqueront éperdument, au mieux cela insufflera de la motivation à d’autres de trouver le courage de faire pareil car la motivation sportive est contagieuse. Il est plus que jamais question d’exhibition de performance.

b. JEUX EN RÉALITÉ AUGMENTÉE, UNE INCITATION POUR SE DÉPENSER

Là où les jeux vidéo classiques vous incitent à rester statique devant un écran pour progresser dans le jeu, les jeux en réalité augmentée sont conçus pour vous encourager à sortir de chez vous et à marcher. Ainsi dans le célèbre jeu Pokemon Go, vous devez vous déplacer pour chasser des créatures. Pour trouver les plus rares vous devrez ainsi vous déplacer dans les parcs des grandes villes proches de votre domicile. D’autres mécanismes du jeu vous incitent à marcher plus, ainsi après avoir récupéré des oeufs dans les Pokéstops, vous devrez marcher 2, 5 ou 10 kilomètres avant de les voir éclore. Dans le même esprit vous pouvez choisir un pokémon ami qui vous donnera un bonbon chaque fois que vous parcourez 1, 3 ou 5 kilomètres. Une bonne solution pour inciter les enfants et les adolescents à pratiquer une activité physique régulière. La mécanique de jeu est ludique et vous incite à explorer votre environnement. Ce jeu très populaire a recueilli plus de 20 millions d’utilisateurs actifs à travers le monde. De nombreux instituts se sont alors penchés sur la question : est-il vraiment bon pour la forme physique ?

Dans une édition de Noël qui offre son traditionnel lot d’études humoristiques ou insolites, la revue médicale britannique The British Medical Journal (BMJ) s’est intéressée au jeu Pokémon Go. En interrogeant en ligne 1182 participants âgés de 18 à 35 ans en août dernier dont près de la moitié avaient un niveau de jeu intermédiaire ou supérieur, des chercheurs américains ont montré que la pratique du Pokémon Go se traduisait par un accroissement sensible de l’activité physique. Au cours de la première semaine de pratique, les participants faisaient 11 minutes de marche à pied supplémentaires par jour, soit près de la moitié du temps recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé en ce qui concerne l’activité physique.
Selon un autre sondage, 60 % d’entre eux ont déclaré avoir augmenté leur niveau d’activité physique. Parmi les amateurs du jeu, 53 % ont un moniteur d’activité ou un podomètre et 69 % ont déclaré avoir constaté une augmentation du nombre de pas qu’ils effectuent dans une journée. Et pour ceux qui resteraient méfiant des sondages réalisés, il suffisait de regarder l’engouement pris par le jeu, et l’augmentation du nombre de personnes dans les rues et les parcs. Certains espaces ont d’ailleurs été filmés et transmis dans les médias tellement le jeu avait pris de l’ampleur auprès de ses fans.

Plus adulte, le jeu Ingress repose sur la même mécanique de jeu mais dans un univers de science-fiction. Deux équipes s’affrontent pour contrôler des portails de XM, une matière étrangère capable de contrôler les esprits humains. Là encore, pour jouer il est nécessaire de se déplacer pour trouver ces portails qui sont généralement situés à l’emplacement de monuments ou de lieux historiques.

Ces deux jeux sont édités par Niantic, une entreprise indépendante dont Google et Nintendo sont actionnaires. Ils trouvent leur intérêts dans les grandes villes, mais si vous préférez l’air de la campagne, une autre application ludique est à décourvrir : le géocaching.

c. LE GEOCACHING : LA CHASSE AU TRESOR MODERNE

Le Géocaching est une activité de plein air ouverte à tous consistant à partir à la recherche de caches disséminées dans le monde entier grâce à un GPS ou un smartphone. Les caches sont généralement situées dans des endroits agréables à visiter, on en recense actuellement plus de 2 millions, et il y en a environ 1500 autour de Besançon. Le géocaching est une aventure qui peut, n’importe quel jour à n’importe quel moment, vous emmener dans de nouveaux endroits, étonnants et beaux, ou tout simplement dans un endroit de votre ville que vous ne connaissez pas encore.

Une fois arrivé sur le lieu indiqué, le géocacheur doit partir à la recherche d’une boîte hermétique qui contient un registre des participants dans le but d’inscrire son nom à la liste. Certaines boîtes peuvent contenir des babioles, le participant peut ainsi ramener le petit objet chez lui et en déposer un autre pour le prochain participant. Les emplacements sont référencés sur le site geocaching.com et des applications iPhone et Androïd sont également disponibles. C’est une aventure qui se déroule tout le temps, tout autour de vous. Une façon ludique de pratiquer la randonnée à mi-chemin entre la course d’orientation et la chasse au trésor. Cela permet par la même occasion de mettre en valeur certain paysage ou patrimoine de nos régions et de faire connaitre aux plus grands mondes les beautés qui nous entourent.

En plus de nous captiver par l’aspect ludique, le géocaching permet également de renouer avec certaines valeurs comme le partage, et la solidarité. Lorsque le participant trouve un cache, il trouve à l’intérieur un livret ou il peut y inscrire son nom, avec la date et l’heure de son passage. Une manière sympa de laisser une trace et d’être fier de soi tout en ayant la possibilité de faire passer des messages.

3. LES RÉSEAUX SOCIAUX : ESPACES DE PARTAGES ET DE FORMATIONS

Les sports d’endurances sont souvent associés à des efforts en solitaire et à une certaine forme d’individualisme. Pourtant ces disciplines n’ont jamais été autant sociales que ces dernières années. Des clubs se sont formés tantôt de manière officielles ou simplement par le fait d’un groupe d’amis. Le VTT ou encore le trail sont propices à des rassemblements et à la convivialité où le volet sportif n’occupe que la seconde place. Le sport est social par essence et le partage ainsi que les contacts entre sportifs sont renforcés par l’usage des réseaux sociaux. Le nombre des membres des pages de sport de Facebook et Twitter affolent les compteurs et tout le monde se plait aujourd’hui à publier ses exploits aussi modestes soient-ils sur les réseaux. Youtube, Viméo, sont devenus les meilleurs rapporteurs des exploits sportifs amateurs et professionnels. Les organismes sportifs, les compétitions et les marques l’ont bien compris et exploitent bien les émotions et les motivations des internautes pour faire le buzz. D’ailleurs sur Facebook, parmi les dix comptes les plus suivis, on en retrouve 4 faisant partie du domaine sportif (notamment du football). Le compte de Cristiano Ronaldo est en 1ère position, On retrouve celui du FC Barcelone et du Réal de Madrid en 5ème et 6ème position, ainsi que celui de Lionel Messi en 8ème position. Cristiano Ronaldo a également le compte le plus suivi sur Instagram, et son rival Neymar arrive en 10ème position sur le réseau social. Mais outre ses stars internationales on retrouve également de nombreux youtubeurs qui partagent leurs passions sur les réseaux sociaux et qui dans la plupart du temps, parviennent à vous faire aimer le sport.

Parmi ces Youtubeurs, on peut par exemple retrouver Tibo Inshape, le bodybuilder Toulousain. Il compte plus de 4 millions d’abonnés sur Youtube. Son truc à lui c’est le fitness avec un maximum de fun, pour faire passer la difficulté de l’effort derrière de petites blagues et des sourires angéliques. À raison de deux posts minimum par semaine, Tibo InShape, de son vrai nom Thibaut Delapart, est devenu en l’espace de cinq ans le youtubeur fitness le plus suivi en Europe. Ce jeune Toulousain de 26 ans a mis de côté son master en commerce pour se consacrer à plein temps à ses vidéos dans lesquelles il se met en scène avec une bonne dose d’humour et d’autodérision. Sous un corps en béton que beaucoup rêverait d’avoir, se cache un vrai clown en puissance. On peut ainsi le voir sur ces vidéos passer les tests de sélection pour l’armée de terre, défier les frères Pinto, champions du monde de boxe thai, ou encore tester le tumbling dans un Trampoline Park.

Qu’il soit en direct de sa chambre ou d’une salle de sport, il distille de précieux conseils pour celles et ceux qui aiment sculpter leur corps. Il va même jusqu’à créer des entrainements de sports à reproduire chez soi, au travail, afin de garder la forme tous les jours. Il propose des entrainements courts comme des plus longs en fonction du temps que vous avez à y accorder, qu’il réalise lui-même en vidéo. Plus d’excuses pour ne pas reproduire ses performances lorsque l’on souhaite garder la forme.

Loin des événements internationaux du sport et/ou de l’actualité sportive, Tibo in Shape est donc en quelque sorte devenu le pape de l’entraînement sportif sur internet, et plus précisément en vidéo ! En quelques clics, il nous est possible d’accéder à un maximum de contenu concernant le coaching sportif. Entre conseils avisés sur comment se muscler efficacement les cuisses, jusqu’à l’évolution physique (souvent impressionnante) de certains de ses abonnés, Tibo in Shape n’hésite pas, grâce à une rhétorique en béton et des petites expressions qui font son succès, à fidéliser une communauté autour d’un seul et même sujet : le sport.

Bien qu’on trouve énormément de vidéos de musculation destinées à augmenter sa masse musculaire, cet effet de coaching sportif en vidéo n’est pas seulement réservé qu’aux hommes. Les femmes également en sont devenues adeptes. On retrouve de la même manière de nombreuses Youtubeuses, partageant leurs passions du Fitness. Parmi les plus connues, on retrouve Marine Leleu. Sa philosophie, faire du sport dans la bonne humeur. Adepte des épreuves hors du commun, elle est pour sa part réellement coach sportif diplômé d’état. Depuis sa participation à l’IronMan en Floride en 2016 (compétition de triathlon longue distance), elle prône dans ses vidéos l’optimisme et le dépassement de soi. Passionnée de course à pieds, de triathlon et de musculation, elle adore se lancer des défis et partager au quotidien ses aventures avec sa communauté.

Pour elle, tout est une question de motivation; ce qui ne l’empêche pas de craquer de temps à autre sur des confiseries. Ne pas oublier qu’après l’effort vient le réconfort. Un très bel état d’esprit partagé sur les réseaux sociaux qui permet à la fois de partager des conseils sportifs et des valeurs.

Ils ne sont pas les seuls à réaliser ce type de vidéos. De plus en plus de sportifs le font, que ce soit pour partager leurs exploits, leurs passions, ou dans le but de devenir comme eux des coachs sportif 2.0.

D’ailleurs, selon le Blog du Modérateur, au cours de l’année 2018, le temps passé à regarder des vidéos de sport en France a augmenté de 360%. Et parmi ceux qui regardent des contenus sportifs sur la plateforme, 75 % d’entre eux visionnent des vidéos de fitness tout en le pratiquant. Ces vidéos sont donc devenues de vraies tutoriels qu’on aime suivre pour apprendre afin d’atteindre nos objectifs.

Une autre source de motivation qui n’avait encore pas été citée, est celle d’avoir un modèle. Il parait que l’on apprend que par imitation. Les enfants imitent leurs parents, les apprentis leurs maîtres et « piètre disciple que celui qui ne dépasse pas le maître » disait Léonard de Vinci. Les modèles nous aident à nous forger et stimulent notre volonté. Ces Youtubeurs sont devenues aux yeux du monde de véritables icones du fitness, de la musculation et du bien-être qu’on peut prendre pour modèle. Grâce à leurs différents comptes sur les réseaux sociaux, ils servent de mentors à distance. On peut s’inspirer de leurs conseils et de leurs photos. On peut les suivre sur Youtube, Instagram, s’inspirer de leurs modes de vies et pour cela, les smartphones sont indispensables.

En résumé, on s’aperçoit qu’à travers les pages des athlètes professionnels, on s’identifie et on vit une relation particulière faite de tweets, de post, de like, etc. Chacun devient community manager, désireux de faire partager sa passion et obtenir un peu de reconnaissance. En parallèle, de nombreux blogs, et communautés ont vu le jour et regroupent des pratiquants d’une même discipline et donnent lieu à des activités hors du monde virtuel. Grâce au numérique, les sportifs peuvent se connecter entre eux, et échanger conseils pratiques, planning d’entrainement, performances, etc.

On constate d’ores et déjà que le sport et l’innovation sont intimement liés. Le premier offre un large terrain d’expression à la seconde, qu’il s’agisse de motiver, d’organiser des événements et des rencontres ou bien encore d’améliorer l’expérience des fans. Mais alors qu’en est-il de l’optimisation de la performance du sportif.

4. VERS UNE AMÉLIORATION DES PERFORMANCES

Les sportifs cherchent toujours à se dépasser, à faire de meilleures performances, en prenant le risque de subir des troubles musculaire. Il arrive ainsi que certains sportifs arrêtent brutalement leur carrière à la suite d’une blessure en étant allé trop loin dans leurs efforts. La technologie permet de répondre à cette problématique, par le biais d’analyses, de mesures, qu’il est possible de réaliser en amont d’une activité ou en temps réel.

Il existe aujourd’hui de nombreux outils et des techniques qui permettent de mesurer le mouvement et d’en estimer les contraintes humaines, pour savoir si elles mettent le sportif en danger, quels sont les efforts fournis par chaque muscle, est-ce que la répétition peut s’avérer dangereuse sur ce geste-là, comment réorganiser les séances d’entraînement pour éviter de solliciter trop souvent tel ou tel muscle ou articulation, etc. Par exemple, la Fédération Française de tennis a analysé différentes formes de services de tennis, pour trouver la moins pénalisante pour les muscles et les articulations, et montrer celle qu’il vaut mieux favoriser à l’entraînement. Ainsi les entraineurs peuvent s’appuyer sur la technologie pour offrir à leurs athlètes la meilleure séance d’entrainement possible.

Mais cela est également possible pour les sportifs amateurs qui souhaitent s’entraîner seul. Revenons sur nos objets connectés. Ils permettent d’accentuer nos motivations dans le but de réaliser nos objectifs. Ils nous lancent des rappels par le biais de notifications, et s’imposent comme un levier indéniable à la pratique d’activités sportives. Si la technologie nous motive, elle nous accompagne vers une régularité des entrainements et une persévérance dans nos activités. Et qui dit persévérance dans une activité dit forcément développement de compétences. A force de répéter les séances, on acquiert forcément plus de compétences et on développe nos performances sportives. De plus, avec les objets connectés, nous avons accès à des mesures en temps réel, et à des analyses poussées sur notre activité. Prenons le cas d’un individu pratiquant la course à pied. A la suite de ces courses, il a accès via les objets connectés ou les applications associées à son smartphone, à une multitude de données sur sa performance tel que la distance parcourue, le temps réalisé, son rythme moyen, sa vitesse maximum, etc. Le coureur à accès à des moyennes de ces données mais également à l’ensemble de ces données au fil des kilomètres parcourues. Il peut donc de la même manière accéder à des données sur sa fréquence cardiaque. Le premier avantage c’est que cela permet de gagner de la confiance en soi. De nombreuses personnes apprécient le fait de voir le nombre de calories brulées par exemple, et se motivent donc à aller courir plus souvent. En réalisant ses objectifs, n’importe quel individu peut se sentir fier de sa performance. Ainsi, il saura continuer et se développer, et améliorera ses compétences. Le second avantage, c’est la mesure de ses données en temps réel. Prenons l’exemple d’une personne qui s’est donné l’objectif de brûler 200 calories lors de sa séances de sports. Si cette personne est habituée à courir 4 kilomètres, et qu’elle n’a encore pas atteint ce stade à la fin de sa course, elle pourra le voir en direct sur sa montre ou son bracelet connecté, et alors continuer jusqu’à à réaliser son objectif. On peut prendre le même exemple si la personne souhaite battre un objectif de distance ou autre. Il sera alors plus a même à réaliser certaines longueurs. Imaginons maintenant que pendant sa course, l’individu rencontre quelques difficultés, et se met à ralentir. Une fois la fin de sa course, il ne saura plus vraiment quand à commencer la difficulté, jusqu’à quand, et pourquoi est-elle arrivée.

Grâce à ses objets connectés, le sportif pourra analyser au kilomètre à aux centaines de mètres près son parcours, et ainsi voir les endroits où il a rencontré des difficultés. Cela peut-être dû à un départ trop rapide, ainsi cela sortira en rouge dans l’analyse des données. La personne pourra facilement voir que sa vitesse de départ est trop rapide en rapport aux autres kilomètres et pourra alors ajuster sa prochaine course, afin de gagner en performance sur la longueur et d’éviter des épuisements inutiles. Pour l’aider, les objets connectés et les applications pour smartphones vont venir le soutenir en temps réel. En effet, pendant sa course, la personne pourra activer le « coach virtuel », et recevoir des conseils et des mesures à l’instant T. Il pourra alors entendre sa vitesse au kilomètre ou tous les 500 mètres et alors adapter sa course. Il pourra également entendre des conseils sur son rythme cardiaque. S’il venait à rencontrer un obstacle, et à donner trop d’effort pour le surmonter, le coach virtuel pourrait alors lui dire de ralentir car son rythme cardiaque est trop élevé. Cela permet au coureur de réaliser sa course dans les meilleures conditions et tend de la même manière à augmenter ses compétences et sa performance tout en réduisant les risques d’épuisement et de blessures.

Contrôler ses efforts, mesurer son activité et améliorer ses performances, chez les sportifs amateurs comme professionnels, sont donc devenus de réelles demandes et sont devenus également les objectifs de nombreuses entreprises high-tech. Cela permet d’obtenir une sorte de coach virtuel pour les amateurs mais vient également en aide aux entraîneurs dans le domaine professionnel.
Déjà présente dans de nombreuses formations professionnelles pour les sportifs de haut niveau et les entraineurs, la technologie rend le coach « électronique » et permet à tout un chacun de perfectionner son swing, son coup droit, sa vitesse, sa puissance de frappe, sa respiration et sa récupération.
Montre, bracelet, Tshirt, semelles, raquettes… De nombreux outils existent aujourd’hui et rendent les tablettes et smartphones incontournables en les mettant au cœur de l’activité sportive.

L’analyse des données aide déjà les athlètes à remporter des compétitions, en se dépassant tout en réduisant les risques de blessures. De plus en plus de sportifs de haut niveau portent ainsi des capteurs et des GPS qui permettent de mesurer et de comparer les données d’un entraînement et celles d’une compétition.

Dans l’aviron, un « bateau laboratoire » a été construit, sur lequel ont été disposés des capteurs sur les dames de nage. Ces objets servent à fixer les rames et jouent le rôle de pivot. Les capteurs renseignent sur la relation entre la pression exercée et la position de l’aviron, ce qui permet à l’athlète de mesurer l’impact de son geste lorsqu’il rame car, même si on a parfois l’impression que le bateau avance tout seul, c’est l’effort du rameur, donc l’efficacité de son geste, qui est le moteur de l’activité. Il est alors possible de définir la composition idéale d’une équipe d’aviron, parfaitement équilibré, c’est-à-dire associant des coéquipiers ayant les mêmes capacités, les mêmes spécificités. Dans ce contexte, la technologie apporte donc une aide précieuse pour optimiser les performances.

Un autre type de technologie qui influe énormément sur la performance sportive : la vidéo. Elle peut être un outil efficace pour aider les athlètes à s’améliorer, en décomposant leurs gestes image par image. On la retrouve dans de nombreux sports, et elle est accessible à tous même si elle est à ce jour bien plus utilisé par les sportifs professionnels en fonction de son coût d’acquisition.

Dans le tir à l’arc, en décomposant le mouvement d’une flèche tirée par un archer, on s’aperçoit que c’est un véritable « spaghetti » qui décrit une trajectoire invisible à l’œil nu, lequel est incapable de séparer et d’analyser des images qui se succèdent si rapidement. Sur cette base, l’athlète peut étudier le parcours de la flèche, comprendre le lien entre son mouvement initial et ce parcours, corriger un certain nombre d’éléments dont l’impulsion qu’il donne à la flèche, le degré de tension de l’arc, sa propre position. Ces corrections seront intégrées jusqu’à devenir un automatisme, une sorte de tir instinctif, plus rapide que la pensée consciente et la transmission de l’influx nerveux.

Impossible d’évoquer le monde connecté et celui de la vidéo sans parler du logiciel d’analyse vidéo « Dartfish ». Il est utilisé par de nombreux athlètes et cela dans toutes les disciplines sportives.

Elle est même utilisée par les plus grands professionnels. Usain Bolt, athlète le plus titré de l’histoire des Jeux olympiques en sprint avec huit médailles d’or, et le plus titré de l’histoire des championnats du monde avec onze victoires a recouru à ce système durant ces entrainements pour s’améliorer en vue des Jeux olympiques de 2012. Résultat : il a battu son propre record du monde. Plus de 120 000 athlètes, ayant remporté au total 3 000 médailles olympiques, utilisent le logiciel. En 2014, pour les Jeux olympiques d’hiver à Sotchi, 68% des médaillés utilisaient déjà Dartfish pour analyser leurs mouvements et les comparer avec leurs performances précédentes. Le logiciel analyse des paramètres comme la vitesse et les angles, ce qui permet aux athlètes de travailler sur des mouvements spécifiques. La vidéo peut être décomposée image par image afin d’étudier minutieusement le mouvement de l’athlète en vue de l’améliorer. Un fois de plus, le sportif pourra savoir quoi améliorer, quand et comment.

Cette technologie permet de la même manière d’ajuster la stratégie d’une équipe entière lors des compétitions sportives. Revenons sur un événement mondial de 2018 : la coupe du monde de football.

Lors de cette compétition, on a pu voir s’introduire une nouvelle innovation technologique qui a fait peu parler d’elle alors qu’elle préfigure de ce que sera peut-être l’évolution du football demain. En Russie, la fédération internationale de football (FIFA) a mis à la disposition de toutes les équipes qualifiées un système électronique de suivi immédiat des performances (EPTS) des joueurs.

Ce système fournit en temps réel des statistiques, des vidéos et des schémas grâce à un nombre important de caméras optiques et de capteurs numériques disposés tout autour et au-dessus du terrain. Pour résumer, chaque entraîneur, ou l’un des membres de son staff, dispose d’une tablette qui lui fournit de manière immédiate les performances de chaque joueur sur le terrain (positions les plus fréquentes, nombre de courses, nombre de ballons touchés, nombre de duels perdus, nombre de kilomètres parcourus, etc.). Une autre tablette numérique est allouée au staff médical tandis qu’une troisième revient à un analyste assis en tribune.

Avant son arrivée, la technologie était déjà présente dans le monde du football. L’entraîneur de n’importe quelle grande équipe pouvait savoir si tel ou tel joueur a fait ce qu’on lui a demandé d’accomplir durant une séance d’entraînement et cela grâce à des puces (fixées à sa chaussure ou à son maillot) reliées à un GPS. Avec cela, impossible ou presque de faire semblant, de gérer ses efforts ou de se cacher derrière le camarade en faisant moins de pompes ou de sprints que lui.

Mais ce qui est nouveau avec l’EPTS, c’est que l’analyse peut désormais se faire en temps réel et non pas uniquement à la mi-temps ou après la fin du match. Pour un entraîneur, cela peut lui permettre de tout de suite ajuster sa stratégie. Cela lui permet aussi de prendre conscience du mauvais positionnement répété d’un joueur. Il peut aussi détecter les espaces régulièrement créés chez son adversaire et agir en conséquence. Cela permet à la fois d’améliorer les performances du joueur sur le terrain mais également les performances de l’équipe toute entière.

En parallèle de cette technologie, et en comparaison au milieu amateur, l’équipe médicale, elle, peut analyser à l’aide de t-shirts connectés, de bracelets ou encore du système EPTS les données des joueurs en temps réel tel que le rythme cardiaque des joueurs, le nombre de kilomètres parcourues, etc. Elle peut alors sortir les joueurs au meilleur moment et garder son équipe en forme. De la même manière, elle peut sortir un joueur qui a fourni trop d’effort afin d’éviter le risque de blessure.

En dehors des nombreuses innovations matérielles, de nouvelles techniques d’entrainement se développent également grâce à la technologie. Ainsi, plusieurs clubs utilisent désormais la réalité virtuelle comme un outil d’entrainement stratégique, en permettant aux sportifs de se mettre en situation de compétition, de capter l’intégralité des informations du terrain et de comprendre des faits de jeu de manière plus précise. Le système STIRV, par exemple, développé à l’Université de Stanford offre même la possibilité aux joueurs de football américain de détourner leur tête de la ligne de mêlée et se voir en train de lancer le ballon, cela dans le but d’évaluer leur mécanique de jeu.
Les technologies se sont donc imposées dans chaque discipline sportive, en y apportant leurs lots d’avantages mais tout n’est jamais si parfait, et les technologies ont également leurs inconvénients.

5. DÉRIVES LIÉS A CETTE CROISSANCE TECHNOLOGIQUE

Loin d’avoir mené vers un monde autant utopique, les technologies ont également leurs inconvénients et leurs utilisations ont parfois vite dérivées au cœur de chacun des différents usages.

1. LA QUESTION DES MEGA DONNÉES : UNE MEFIANCE A AVOIR

Avec tous les apports et les avantages que peut représenter la technologie aujourd’hui, on peut se demander quel sportif n’utilise pas aujourd’hui les nouvelles technologies dans ses entrainements quotidiens ? Que ce soit pour analyser ses résultats, les partager ou améliorer ses performances, les applications de quantified-self sont nombreuses et regroupent de nombreux avantages pour les sportifs. Cependant, comme toutes applications, nombreuses sont les informations récoltées (géolocalisation, données personnelles, etc.). Certaines questions se posent et suscitent de nombreuses craintes. Où sont stockées ces big data ? Qu’est-ce qu’on en fait ? Sont-elles protégées ? Des questions qu’on préfère parfois ignorer mais qui laissent un doute sur notre sécurité et sur notre vie personnelle.
C’est d’ailleurs ce qui a été énoncé au grand jour en janvier 2018 et qui a fait énormément parler et réagir sur internet avec l’application Strava. Strava, c’est l’application devenue incontournable pour les amoureux de la course à pied et du cyclisme. Créé en 2009 par deux amis américains, Michael Horvath et Mark Gainey, Strava constitue un réseau social pour les sportifs. Composée d’un site web et d’une application, la plateforme vise à aider les athlètes dans leur progression, bâtissant par la même une communauté d’actifs. Elle s’adresse principalement aux runners et cyclistes, qu’ils soient professionnels ou amateurs. La réussite de l’application tient à ses diverses fonctionnalités permettant de suivre l’athlète tout au long de son effort. En amont, le sportif peut ainsi définir ses objectifs de performance et créer sa propre aventure personnalisée. Durant sa séance, des données sont envoyées à l’athlète qui peut voir en temps réel ses prouesses en termes de vitesse, de distance et de cadence, le tout en suivant son parcours préalablement défini. Enfin, le sportif peut consulter ses performances et les comparer aux efforts précédents. Cette application a rapidement envahi le cœur des sportifs et se place comme l’une des applications les plus utilisées au monde. Et par sa notoriété, elle s’est également attirée de nombreuses critiques lorsque les données de ses utilisateurs ont été dévoilées au grand public.

C’est ce qui s’est passé en janvier 2018. L’application a publié une carte qui recense le parcours des joggers au niveau mondial. A première vue, aucun danger sauf quand l’application est utilisée par des militaires en entrainement et fait ressortir des bases des forces de l’armée devant restée secrète. Une carte publiée un an auparavant par Strava qui est passée totalement inaperçue, jusqu’à ce que Nathan Ruser un étudiant australien en sécurité internationale, la commente sur Twitter. Ruser a prévenu que cette carte anodine constitue une mine de renseignements sur les utilisateurs de cette application de fitness.

Elle montre les déplacements des utilisateurs ayant accepté de partager les informations relatives à leurs entraînements. Elle indique également l’intensité des déplacements sur un parcours donné, formant une visualisation en direct du réseau mondial des athlètes de Strava.

Et parmi ces utilisateurs, on compte de nombreux militaires qui font du jogging, des patrouilles, des escortes etc. S’est alors vite lancée une chasse aux bases militaires qui est devenue le nouveau jeu des utilisateurs de Twitter qui s’amusent de cet accès inédit à des informations potentiellement confidentielles. Certes la plupart des sites militaires qui figurent sur la carte sont déjà connus. C’est le cas des bases de déploiement US en Irak, en Afghanistan et même en Syrie. Aucune donnée ne précise non plus les effectifs, les moyens matériels, les missions affectées aux sites militaires ou sensibles dévoilés. Mais les informations sur les trajets des utilisateurs de l’application peuvent apporter des renseignements que les états-majors ne veulent sans doute pas rendre publics, comme les itinéraires de passage les plus fréquentés ou les itinéraires des patrouilles ou des convois d’approvisionnement. D’où l’inquiétude du Pentagone qui a confié au Washington Post qu’il étudiait les effets potentiellement dommageables de la publication de ces données personnelles.
Afin de rebondir rapidement, Strava a rappelé à ses utilisateurs qu’ils pouvaient désactiver le partage de lieux et que la carte n’inclut pas les activités privées ou les zones considérées comme privées. Le corps des marines a lui pris les devants dès 2016 en interdisant l’usage de ce type d’application sur ses bases et sur les théâtres d’opérations extérieures.

Et même s’il est vraiment considéré comme un danger pour la sécurité, il n’y a pas besoin de « heatmap » pour explorer les sites militaires : il suffit d’aller sur Google Map et d’y traquer les sites suspects ou sensibles.

Toutefois, les dangers pourraient encore aller plus loin. Imaginons un moment qu’un pirate informatique puisse mettre la main sur toutes les données de l’application, il pourrait alors aisément suivre le parcours de certains militaires et confirmer la localisation des lieux de lancement de missiles par exemple. Il pourrait également suivre l’itinéraire d’un particulier, regarder ses trajets quotidiens, ses heures d’activités et en profiter pour effectuer un vol dans sa maison lorsqu’il n’est pas là ou pour suivre la personne avec des mauvaises intentions.

2. LES DÉRIVES DU QUANTIFIED-SELF

Le quantified-self, cette tendance à analyser et contrôler soi-même ses données sur internet grâce à des données récupérées depuis son smartphone, sa montre connectée ou encore quelconque wearables fait fureur et nombreux sont ceux qui l’utilisent dans le sport. Cependant, bien que cette pratique soit attirante car indépendante dans l’activité et donc amener vers plus de liberté, elle a son lot de méfiance auprès des utilisateurs et peut rester dangereuse pour toutes personnes qui en abuserait sans savoir ni connaissances préalables.

Une montre ou un smartphone ne remplacera jamais un vrai coach sportif, qui a suivi des formations et est doté d’une expérience personnelle et professionnelle. Les personnes qui souhaitent progresser par le quantified-self auront souvent tendance à vouloir aller trop loin dans l’effort, et risque par exemple de se blesser ou de ne pas respecter les temps de pauses préconisées.

Par ailleurs, il est nécessaire également d’aborder la question de la « gamification » de la société. Aujourd’hui, tout ce qui fonctionne est ludique. C’est une condition presque première pour qu’un concept puisse persister. Le quantified self n’y échappe pas, notamment dans le cadre des réseaux sociaux de partage et applications dérivées. Le but est simple : exploiter les données des utilisateurs pour les mettre en compétition. La mesure de soi n’est plus uniquement personnelle, comme son nom l’indique, mais tend à devenir une mesure de soi par rapport aux autres. C’est la nuance qui permet à l’utilisateur de tenter de se dépasser pour atteindre ses propres objectifs, mais aussi pour tenter de dépasser ceux d’autres personnes qui partagent les mêmes activités (notamment dans un cadre sportif). La limite avec une forme de narcissisme est étroite : ne cherche-t-on pas à devenir meilleur que l’autre juste pour « être le meilleur » ? Cette quête infinie du « devenir meilleur » peut rapidement se transformer en une forme de narcissisme, notamment dans le cadre de communauté en ligne, où les membres sont poussés à partager leurs performances pour recevoir les louanges d’autres membres. On touche directement à la sensation d’appartenance à un groupe que peuvent ressentir les membres d’une communauté. Ils se sentent alors obligés de surpasser les autres pour être une part intégrante du système et être reconnus pour leurs exploits plutôt que pour leur propre personne.

D’après des études Américaines, un tiers des personnes équipées en quantified self (bracelet fit bit, montre connectée, balance, …) abandonnent leur nouveau matériel au bout de quelques mois. Cela peut être la traduction de la crainte qu’attire le jeu des données auprès des utilisateurs les plus méfiants. En effet, le quantified self n’est qu’un jeu auquel joue l’utilisateur en recueillant des données et en les partageants, à la différence que ces données sont très personnelles puisqu’elles touchent directement la santé et la vie de ces utilisateurs. Or, la sécurité de ces données n’est en rien assurée. Aucun organisme tout-puissant ne contrôle toutes les applications de quantified self ou tous les outils permettant le stockage de données personnelles : il y a donc un vrai risque de manipulation à grande échelle des données personnelles des utilisateurs.

Cependant et malgré ces dangers, le quantified self s’inscrit tout naturellement dans le développement du web qui est aujourd’hui majoritairement caractérisé par la data. Il n’y a donc pas plus de danger à utiliser certains de ces outils que de naviguer sur la toile.

3. UNE DÉNATURALISATION DU SPORT

La technologie fait partie intégrante de notre société. Elle est présente dans de nombreux domaines et le sport en fait inévitablement parti. Elle met à profit ses différents outils pour la performance humaine et la sécurité des sportifs. Les progrès technologique sont permanents et ce phénomène entraîne dans le milieu sportif, de nouveaux records à chaque compétition.

Motivé par l’appât du gain, la recherche de performance, le besoin d’être meilleur que les autres, beaucoup de sportifs utilisent la technologie afin de surpasser ses compétences mais pas toujours de manière très morale. Toutes ces technologies ont mené et mènent encore vers des polémiques.

C’est ainsi que l’on retrouve dans le cyclisme par exemple, et dans de nombreuses autres disciplines, la fraude technologique. Le fait de monter en performance grâce à la technologie n’est pas toujours légal et est parfois dissimulé dans les appareils. Une nouvelle drogue peut-être plus compliqué à révéler que les substances parfois injectées par les sportifs de haut niveau. En cyclisme par exemple, la technologie a tendance à être discrète voir cachée. Les cas de dopage mécanique se sont multipliés même chez les amateurs. Certains vélos possèdent par exemple, des petits moteurs dissimulés dans les tubes de selles. C’est une aide à la performance indéniable, mais qui s’éloigne des vraies valeurs du sport. Les athlètes peuvent alors battre des performances et sont souvent tentés de recourir à ce type de méthodes pour finir une épreuve ou battre ses adversaires. Avec ces technologies, les sportifs amateurs peuvent distancer les meilleurs professionnels en fournissant beaucoup moins d’effort. Cependant, les compétitions comme le tour de France par exemple, sont des épreuves sportives avant tout et avant d’être industrielles. C’est aux muscles des coureurs qu’elles font appel et non à des outils technologiques.

L’ensemble des avancées technologiques réalisées ces dernières années au service du sport peuvent parfois prendre des accents de science-fiction. L’utilisation des données mesurées et les prothèses bioniques tendent à transformer le sportif en cyborg. L’analyse des données aide déjà les athlètes à remporter des compétitions, en se dépassant tout en réduisant le risque de blessure. Nombreux sont les sportifs qui portent pendant leurs entrainements des capteurs et des GPS permettant de mesurer et de comparer les données d’un entrainement et celles d’une compétition. Usain Bolt, a d’ailleurs utilisé le logiciel d’analyse vidéo suisse « Dartfish » pour s’améliorer en vue des jeux olympiques de 2012, où il a battu son propre record du monde. Comme lui, plusieurs milliers d’athlètes utilisent ce logiciel pour améliorer leurs performances mais est-ce toujours dans la passion du sport ou dans le vœu de toujours faire mieux.

Un autre phénomène qui a également su faire parler de lui, c’est celui des prothèses de jambes. Elles permettent de courir plus vite, jusqu’à devenir un sportif « augmenté ». Tout le monde a sûrement entendu parler d’Oscar Pistorius et de ses prothèse en fibre de Carbone qui lui on conférer un net avantage sur ses concurrents valide.

L’augmentation de nos capacités physiques grâce à la technologie nous amène à devenir des surhommes. Mais à ce stade se pose un problème d’équité et d’égalité. Les technologies coûtent souvent très cher et seul une minorité de personnes peut y avoir accès. Seuls les plus riches deviendront alors les plus performants. Si la technologie est autorisée dans le sport, il faudra alors créer de nouvelles compétitions avec plusieurs catégories : «100% humains », « 50% technologique », etc.

Une différence technologique pose aussi un problème sur le plan psychologique. Celui qui pense avoir un matériel moins performant que son concurrent abordera la compétition en position d’infériorité et sa concentration avant l’effort risque d’en être amoindrie.

La technologie permet de repousser les limites humaines mais également de créer de nouveaux sports comme l’invention du vélo a conduit à la pratique du cyclisme par exemple. Cependant, il ne faut pas oublier les valeurs premières des compétitions sportives et s’assurer que la technologie ne prendra jamais le dessus sur la performance de l’athlète. Cela permet par ailleurs d’assurer au sportif l’accès à ce qu’il recherche à travers la compétition : à savoir se réaliser, emmagasiner des émotions fortes et les partager, ainsi que se dépasser en toute loyauté. Les victoires obtenues sans la technologie restent les plus valorisantes.

4. VLOGGING

Le développement de performances et l’acquisition d’une communauté sur les réseaux sociaux peuvent parfois s’avérer dangereux. En effet, certains sportifs attirés par le fait d’en vouloir toujours plus, ne sont plus capables de se fixer des limites. C’est à ce moment que les nouvelles technologies dérivent vers un usage négatif, parfois dangereux.

En parallèle des réseaux sociaux, est apparu il y a quelques années le vlogging. Ce néologisme n’est pas seulement un mot difficile à prononcer, il donne son nom à un type de blog qui a explosé sur le web : les vidéos blogs. Les vloggers sont des personnes comme vous et moi qui souhaitent communiquer avec toutes leurs communautés de followers sur des sujets qui leurs tiennent à cœur par le biais de vidéos. On en retrouve énormément dans la mode, l’espace culinaire mais également dans le sport. De nombreux sportifs ont ainsi créé leurs chaînes Youtube et se sont amusés à partager leurs exploits. On recense ainsi de nombreuses personnes adepte des sports extrêmes qui s’amusent à réaliser des exploits toujours plus spectaculaires les uns que les autres et les diffusent ensuite sur la toile. Toutes ces vidéos plaisent aux internautes, qui en raffolent et en demandent toujours plus. On voit alors des freeriders dévaler des montagnes en pleine avalanche, des cyclistes dépasser des records de vitesse en descendant des montagnes, ou encore des équilibristes réaliser des prouesses sur le toit des immeubles. Et c’est là qu’arrive le problème. Les internautes échangent beaucoup sur internet, vous félicitent, et en veulent toujours plus. Le vlogging a engendré un réel engouement puisqu’il permet de faire vivre des expériences à son audience et ainsi de faire passer des sensations et des émotions fortes. Les spectateurs ressentent parfois autant d’adrénaline et d’angoisse avant la performance que les sportifs eux-même.

Pour les vloggers les plus connus, ceci a dépassé le stade du loisir. Il y a derrière ce média de nombreux enjeux économiques, éthiques et sociétaux. A l’origine, les sportifs n’avaient pas d’autres motivations que d’échanger avec d’autres sportifs autour d’un même intérêt. Mais aujourd’hui les vlogs ont atteint une telle audience qu’ils représentent un vrai business model à part entière. Certaines personnes en font leurs principales voir leurs seules rémunérations. Les plus connus peuvent gagner jusqu’à plusieurs milliers d’euros par vidéos. A ce moment-là, s’ils souhaitent continuer, ils se retrouvent souvent devant une problématique générale. Celle d’aller toujours plus loin pour épater leur audience et ne pas perdre de followers qui se lasseraient de voir toujours les mêmes vidéos. Certains fans vont même jusqu’à recommander aux vloggers de réaliser telle ou telle figure. Des défis qui sont souvent partagés, appuyés par d’autres followers jusqu’à arriver aux oreilles du sportifs. Entre autre, sa notoriété le pousse à aller toujours plus loin, parfois trop loin. C’est ainsi qu’un Youtubeur Chinois à filmer sa propre mort avec une chute mortelle du haut d’un immeuble de 62 étages alors qu’il tentait de réaliser une cascade.

Ce jeune homme était un passionné d’arts martiaux. A 26 ans, il filmait tous ses exploits, effectués sans aucune sécurité, et les partageait sur le réseau social chinois Weibo. Pas moins de 300 vidéos y ont été publiées par ses soins, le montrant sur le toit des plus hauts buildings. Mais en novembre 2017, le jeune homme a effectué son ultime ascension. Après être arrivé au dernier étage d’un building de 62 étages, il entame une courte série de tractions, les jambes suspendues dans le vide. Il essaie ensuite de remonter mais lâche malheureusement prise. Selon plusieurs médias, le sportif nationalement reconnus, participait à un challenge avec un gain de 13 000 euros à la clé. Il n’est malheureusement pas le seul à avoir succombé aux dérives amenées par les technologies. Le net regorge de vidéos de démonstration qui ont mal tournées. Il en va de même pour les fans. Il arrive bien souvent que certains fans souhaitent réaliser des figures qu’ils ont pu voir auparavant en vidéos mais faute d’expériences aussi poussées en viennent à se blesser, voir à se tuer.

Plus personne ne peut ignorer le vlogging et son influence. Il est donc nécessaire d’en connaître les enjeux et de considérer les vlogs comme des puissants outils à manipuler avec prudence. Les vloggers, forts de leur audience, possèdent un vrai pouvoir d’influence qu’il est nécessaire de mesurer. Ils peuvent transmettre des messages plus ou moins éthiques. C’est sur ce créneau qu’ils devraient agir afin d’éviter certains dangers.

5. BIEN GÉRER LES OUTILS

Il est indiscutable que l’arrivée de la technologie dans le milieu sportif a complètement bouleversé les mœurs. Que ce soit dans les gains de performances, de motivation, ou encore l’approche que nous avons face aux disciplines sportives, le numérique et les nouvelles technologies ont totalement bouleversé les pratiques. Et comme dans toute révolution, les avantages et les inconvénients se veulent nombreux. Afin de pouvoir continuer à pratiquer des activités physiques à l’aide des nouvelles technologies, il serait peut être intéressant de former le public aux analyses de données qu’il en ressort. Par exemple, les étudiants en fac de médecine, apprennent désormais à comprendre et analyser les statistiques données par les appareils connectés afin de pouvoir faire comprendre à leurs futurs patients l’utilité réelle de tels appareils ainsi que comprendre et anticiper certains risques. Avec une meilleure analyse, ces appareils peuvent devenir de réels outils de prévention face à certaines maladies. Attention tout de même, la technologie ne remplacera jamais le mental du sportif.

Dans le domaine du sport, en plus de nous aider à améliorer nos performances ainsi qu’à nous motiver quotidiennement à réaliser des activités physiques, la technologie nous permet de gérer nos activités. C’est une véritable révolution dans le management sportif et le management personnel.

Et cette technologie n’est pas seulement présente dans le sport mais dans de nombreux autres domaines. On la retrouve donc tout naturellement en entreprise, dans un contexte un peu plus professionnel.

II. L’APPORT DES TECHNOLOGIES EN ENTREPRISE

Outre le domaine sportif, c’est bien en entreprise et dans le monde professionnel que la question de motivation est récurrente voir quasi quotidienne. Qui ne s’est jamais réveillé en se disant « Je n’ai aucune envie d’aller travailler aujourd’hui ». Qui n’a jamais eu une baisse de motivation arrivé le vendredi, n’attendant que l’arrivée du week-end. Certaines personnes trainent à trouver des motivations pour se rendre au travail quand d’autres n’ont même pas la motivation d’en chercher un. Pourtant travailler et avoir un bon métier nous est indispensable afin de pouvoir vivre correctement, mais malheureusement, de nombreux facteurs sont venus s’immiscer dans la vie professionnelle jusqu’à en rebuter les salariés.

On retrouve alors de nombreux salariés qui se sentent stressés car ils ressentent trop de tensions au travail ou se sentent surchargés par ce qu’ils ont à faire. D’autres n’aiment tout simplement pas leurs postes. De nombreux salariés viennent au travail par obligation mais ne se sentent pas inspirés par ce qu’ils font et se contentent de faire le minimum jusqu’à l’heure de rentrer chez eux.

Au sein d’une entreprise, on retrouve aujourd’hui trois types de personnes. Tout d’abord, il y a les engagés. Ils représentent 11% de l’effectif, et sont nommés les poules aux œufs d’or. Ils contribuent fortement aux performances de l’entreprise, ce sont eux qui innovent, créent de la valeur et portent la croissance de la société. Ensuite viens les désengagés qui représentent 61% de l’entreprise. On les nomme les chevaux couchés. Ils en font le minimum, sont plutôt passifs et infidèles à l’entreprise. Puis pour finir, on retrouve les activement désengagés qui représentent 28%, qu’il nomme les renards parce qu’ils mangent les poules aux œufs d’or. Ils sont non seulement malheureux et improductifs, mais en plus ils le font savoir : ils propagent la négativité à leurs collègues, contestent l’autorité des responsables et sabotent les projets et initiatives.

Devant ce constat inquiétant, on en vient à se demander ce qui motive les salariés à aller travailler. Quelles sont les différentes sources de motivations en fonction du type de personnes. Qu’attentent les salariés en entreprise à l’heure d’aujourd’hui ?

Pour le savoir nous allons analyser quelles sont les facteurs de motivations au travail à l’heure actuelle.

1. LES MOTIVATIONS EN ENTREPRISE

Tout comme dans le domaine sportif, on recense les deux mêmes types de motivations pour ce qui est de motiver les employés à donner le meilleur d’eux-mêmes. Définie en 1975 par le psychologue américain Edward Deci, la théorie de la motivation intrinsèque et extrinsèque distingue deux forces qui orientent les comportements et les actions de chacun. On retrouve une force interne dont le but est la recherche du plaisir (motivation intrinsèque), et une force externe qui nous oblige à agir en réponse à une circonstance extérieure (motivation extrinsèque). La première motivation est propre à chaque individu alors que la seconde est imposée par l’entreprise.

On appelle motivation intrinsèque, la recherche du plaisir. Elle permet d’exercer une activité dans le but d’obtenir une satisfaction personnelle. Le fait même d’accomplir cette activité satisfait la personne qui l’exerce et la récompense externe (félicitations, primes, etc.) ne représente pas un moteur. C’est par exemple l’envie d’apprendre pour le chercheur, l’amour des beaux objets pour l’ébéniste, etc. La motivation intrinsèque pousse à se surpasser, à faire des efforts.

Quant à la motivation extrinsèque, c’est plutôt la méthode de la carotte et du bâton. On parle de motivation extrinsèque lorsque l’action est motivée par une action extérieure comme le fait d’obtenir une récompense ou encore d’éviter une punition. Ici, le salarié réagit plus qu’il n’agit et fournit l’énergie minimum et suffisante pour remplir sa tâche. L’objectif est d’obtenir une reconnaissance de la part de l’employeur, une gratification (prime, augmentation de salaire) ou d’échapper à une sanction pour travail non accompli (recadrage, blâme, licenciement). Ce type de motivation permet d’assurer un bon fonctionnement minimal au sein d’une entreprise.

La motivation intrinsèque est une réelle source de performance. La recherche du plaisir rend heureux tout type d’individu. Et un salarié heureux est une force indéniable dans l’entreprise. D’ailleurs selon des études américaines du MIT et de Hardvard, les salariés heureux sont deux fois moins malades que les autres, 9 fois plus fidèles, 31% plus productifs et 55% plus créatifs. Les employeurs ont donc tout intérêt à stimuler la motivation intrinsèque de leurs employés. De manière générale, l’autonomie dans les tâches, la culture d’entreprise et le cadre de travail favorisent le bien-être des salariés au travail.

Cependant, il ne faut pas se voiler la face. C’est la motivation extrinsèque avec la rémunération qui reste l’un des principaux facteurs de motivations au travail. La rémunération, les primes, l’intéressement, l’épargne salariale et les avantages sociaux sont des facteurs importants qui reviennent très souvent lorsqu’on demande à un individu ce qu’il recherche en entreprise. Toutefois, la rémunération n’est plus la seule attente des salariés. Aujourd’hui, les salariés ont de nombreuses attentes et cela passe par de nombreux points. On y retrouve tout d’abord les conditions de travail. L’entretien des locaux, la sécurité, le matériel sont des aspects très importants aux yeux des employés. L’ambiance de travail entre les collaborateurs et avec la hiérarchie est un point qui revient également souvent dans la motivation et les attentes en entreprise. Aujourd’hui, de nombreuses personnes ont du mal à équilibrer vie personnelle et professionnelle. L’aménagement des horaires de travail possible, voir une autonomie dans les pages horaires de travails selon les contraintes personnelles des salariés est indéniablement ce qui est le plus recherché par la nouvelle génération entrant sur le marché de l’emploi. De nombreux salariés cherchent également la reconnaissance en entreprise, l’autonomie et la responsabilité sur les tâches qu’ils ont à exécuter ainsi qu’à avoir la possibilité d’acquérir au cours de leurs carrières de nouvelles compétences, en passant par des formations. A travers cette demande naît la possibilité pour chacun de mieux maitriser ses formations et donc de mieux orienter les objectifs de sa carrière professionnelle. C’est également un bon moyen pour l’employeur d’indiquer aux salariés qu’il souhaite les voir progresser avec l’entreprise à long terme.

Il serait contradictoire de penser que chaque collaborateur a les mêmes attentes et les mêmes sources de motivations. Il reste essentiel de connaitre chaque collaborateur, de savoir ce qui le motive, ce qu’il s’est fixé dans la vie mais également ce qu’il attend de l’entreprise avec laquelle il travaille quotidiennement. Et en entreprise comme dans le sport, les nouvelles technologies viennent répondre à de nombreuses problématiques et se positionnent comme levier sur les motivations et les performances des salariés.

2. L’INNOVATION TECHNOLOGIQUE : LEVIER D’AMÉLIORATION DES CONDITIONS DE TRAVAIL ET DES COMPÉTENCES

Lorsqu’on parle de technologie en entreprise, on a bien souvent tendance à les associer au milieu industriel, avec la mécanisation et l’automatisme. Posez la question autour de vous, et on vous répondra bien souvent ces deux termes, en pensant aux machines qui viennent remplacer les salariés dans la plupart des entreprises, notamment en industrie et maintenant dans le commerce avec les paiements en libre-service. En effet, la technologie a toujours été présente en entreprise et s’est tout d’abord immiscée dans le domaine industriel. 

On a pu assister dès la fin du XVIIIème siècle à un phénomène de mécanisation qui s’est d’abord amorcé en Grande Bretagne puis s’est développé en France et dans le reste de l’Europe lors de la révolution industrielle dont elle en constitue la principale cause. Elle s’est appliquée dans tous les secteurs d’activité : agriculture, industrie, tertiaire. Elle s’inscrit au cœur du phénomène de l’industrialisation puisqu’elle modifie les méthodes de production, en changeant notamment la productivité et le rythme de travail. Avec elle est apparue l’automation industrielle qui permet de réduire la charge de travail du salarié tout en gardant qualité et productivité. Alors oui, c’est un des bouleversements de la technologie en entreprise, qu’on dit souvent négative puisqu’elle vient supprimer des emplois et remplacer des employés. Mais celle-ci permet également de créer de nouveaux emplois alors la question reste à débattre.

Cependant aujourd’hui, la technologie va bien plus loin. Aujourd’hui, l’innovation technologique est fondamentale pour toutes les entreprises et notamment pour leurs enjeux. En effet, les nouvelles technologies sont depuis toujours le moteur de la croissance économique mais également stratégique de ces dernières. Le bien-être au travail est l’un des nouveaux enjeux des entreprises d’aujourd’hui, et nous le savons tous, l’innovation technologique a une énorme incidence sur la qualité de vie au travail. Beaucoup de personnes pourraient d’ailleurs le démontrer. 

En effet, l’évolution des technologies entraine une transformation au sein de toutes les entreprises en termes de conditions et d’environnement de travail. L’évolution des différentes technologies a très souvent des conséquences sur la santé des salariés non négligeables et le bien-être au travail des collaborateurs est un atout pour l’entreprise. Nous allons donc voir comment l’innovation technologique est devenue un levier d’amélioration des conditions de travail et comment elle permet aux employés de s’épanouir au travail en jouant sur leurs motivations.

a. AMÉLIORATION DES GESTES ET PREVENTION DES RISQUES

Les entreprises sont dans l’obligation de prévenir la pénibilité au travail. Au-delà de certains seuils d’exposition à des facteurs de pénibilité, l’employeur doit établir une déclaration et mettre en place un compte personnel de prévention de la pénibilité (CPPP) devenu compte professionnel de prévention (CPP) avec la réforme Macron, qui permet au salarié exposé d’accumuler des points sur son compte. A défaut, l’employeur s’expose à des pénalités. Le salarié engrange des points qui lui permettront d’accéder à une formation professionnelle qualifiante, de financer un passage à temps partiel ou encore de bénéficier d’un départ à la retraite anticipé.

Parmi les critères de pénibilité définis par la loi, on retrouve entre autre le travail en milieu hyperbare, le travail de nuit, le travail répétitif, les postures pénibles, etc.
Les nouvelles technologies s’imposent donc tout naturellement dans ce milieu, et on peut retrouver un outil qui sera souvent utilisé : le vêtement connecté. On a déjà parlé de lui dans le milieu du sport. On a vu qu’il permettait de mesurer entre autres les mouvements du sportifs, mesurer son rythme cardiaque et prévenir des blessures. On peut donc le retrouver en entreprise avec les mêmes usages. Le vêtement connecté permet par ailleurs de mesurer deux points des facteurs de pénibilités vu précédemment : les gestes répétitifs et les postures pénibles.

Un vêtement connecté a été développé dans cet objectif par la société Mulliez-Flory et l’entreprise Altran. Celui-ci est composé de 10 capteurs mesurant la pénibilité sur l’ensemble de la tenue. Il est composé d’une veste et d’un pantalon qui mesurent en temps réel les données de posture de l’employé ainsi que leurs caractères répétitifs, selon les principaux critères précisés par le décret : maintien des bras au-dessus des épaules, torse en torsion à 30 degrés, torse fléchi à 45 degrés, position accroupie, position à genoux. Les 10 capteurs transmettent les informations en temps réel, et fonctionnent grâce à une batterie amovible.

Ce vêtement de travail connecté n’a pas comme vocation d’être porté tous les jours par l’ensemble des salariés, mais plus à être utilisé comme un outil de mesure pour connaître objectivement un état de fait, poste par poste. Le vêtement connecté est conçu pour être utilisé par une personne pilote, par exemple pendant deux mois, afin d’en tirer des statistiques sur l’année. Le recueil des statistiques permet à l’entreprise de mesurer la pénibilité du travail effectué, ainsi de modifier éventuellement le poste, ou d’adapter le temps de travail. Cela permet d’améliorer les conditions de travails des employés et ainsi leur productivité. Par ailleurs, un employé dont on prend soin, et qui se sent considéré sera un employé motivé.

Pour les métiers à risques, et comportant un niveau élevé de stress, le vêtement connecté apporte une solution nouvelle pour veiller à la sécurité des employés. On voit alors son utilité pour de nombreux corps de métier. Ainsi les pompiers, les militaires, les travailleurs isolés (par exemple ceux qui interviennent sur les lignes à haute tension) pourraient l’utiliser.

Prenons par exemple, l’image des pompiers. Ils sont si bien protégés dans leurs tenues qu’ils ne ressentent plus la chaleur et restent au contact des flammes et des gaz parfois bien plus que ce qui est raisonnable, s’exposant à un risque élevé de syncope. Le vêtement connecté permettra d’avertir d’un danger que le pompier ne ressentira peut-être pas, de faire intervenir ses collègues et de le préserver. Au cœur d’un incendie, le pompier pourra également être informé par sa tenue anti-feu que sa situation est trop dangereuse, sa température corporelle montant fortement par exemple. Une alarme, sonore ou visuelle, lui indiquera qu’il doit sortir du brasier pour récupérer avant de pouvoir continuer. Ainsi, il saura se gérer plus facilement, et lui permettra d’être plus performant sur le terrain et d’éviter les plus gros dangers.

Imaginons encore une intervention très risquée et hautement stressante comme une prise d’otage, les chefs de patrouille pourront surveiller le niveau de stress de leurs hommes. En combinant l’enregistrement des battements cardiaques, de la température, ainsi que toute une série de données, les sujets trop sensibles, en situation de grand stress ou d’épuisement, pourront être géolocalisés et exfiltrés avant qu’ils ne commettent des erreurs.

Imaginons encore un employé dans une grue, perchée à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du vide. Le conducteur pourra vérifier son état de fatigue et s’arrêter lorsque le danger d’inattention devient trop sérieux.

Bientôt connecté de la tête au pied, la chaussure est également un créneau intéressant pour la connexion des wearables. Les fabricants de chaussures et semelles s’intéressent à rendre ces éléments de l’habillement professionnel intelligents pour la protection de l’opérateur qui évolue en terrain hostile ou soumis à des températures extrêmes. On peut ainsi parler de Zhor-Tech, fabricant français qui s’allie à des spécialistes de la chaussure de sécurité, des acteurs de la construction ou encore des compagnies d’assurance. L’entreprise propose des semelles comportant une résistance pilotable à distance afin de réchauffer les pieds engourdis, qui suit l’activité du porteur, et alerte sur le degré d’usure de la chaussure.

Ces innovations peuvent être utilisé dans de nombreux domaines professionnels pour augmenter les performances des employés et donc des entreprises. Et si elles permettent d’améliorer la performance d’un individu sur une activité en améliorant les gestes effectués et en prévenant des risques, elle permet également d’améliorer les conditions de travails en bureau, et sert notamment à optimiser les espaces de travail.

b. OPTIMISATION DE L’ESPACE DE TRAVAIL

Les nouvelles technologies permettent également de faciliter la vie au bureau. Elles apportent leurs lots de bénéfices pour les employés comme pour les employeurs. Elles s’attaquent aux problèmes rencontrés en entreprise et y apportent des réponses concrètes par le biais d’outils numériques. Les objets connectés et leurs lots d’analyses et de mesures représentent alors un atout majeur pour optimiser le travail et gagner en performance.

Il arrive régulièrement que certaines entreprises se trouvent en difficultés en ce qui concerne le partage des locaux. Comment savoir rapidement quel bureau est disponible actuellement ou dans 30 minutes ? Ou se réunir pour une réunion sans déranger personne ? Ces problèmes de formes peuvent à terme avoir un impact sur le fond de l’activité de l’entreprise qui peut être moins efficace. La Start up française Jooxter basée à Lille a créé une solution en lien direct avec les objets connectés par le biais d’une application mobile qui permet aux employés de l’entreprise d’identifier rapidement les espaces disponibles en temps réel. Ainsi il est désormais possible de travailler dans un espace intelligent qui répond aux attentes de tous. L’espace est parfaitement partagé et optimisé afin que l’entreprise puisse avancer dans ses projets loin des problèmes de formes.

L’application fonctionne à l’aide de capteurs préalablement installés dans toutes les pièces disposées à être occupées. Ces derniers analysent les habitudes, la fréquence d’activité dans les locaux afin de recueillir toutes les informations nécessaires à l’optimisation de l’espace. Les responsables peuvent ensuite établir un bilan de partage du lieu, les mauvaises habitudes pour trouver des solutions adaptées à l’entreprise. Il sera bientôt possible grâce au système de localisation de consulter les pièces disponibles sur votre smartphone lorsque vous vous rendez au bureau.

La domotique avait lancé la maison connectée et désormais c’est l’espace de travail qui est lui aussi connecté et relié à votre smartphone. Né d’un constat sur la problématique du partage de l’espace au sein des multinationales, le projet de Jooxter se met quant à lui à la disposition des entreprises afin d’optimiser l’espace disponible pour une organisation et un travail efficace à tout moment. Les objets connectés nous facilitent désormais le travail. En captant les données, ils la transmettent aux utilisateurs afin d’en déduire des conséquences et d’adapter la situation. Il existe une multitude d’objets connectés qui peuvent faciliter la vie au travail, et tous ont des fonctions différentes.

Avec la présence de ces objets connectés sur nos lieux de travail, nos bureaux deviennent des bureaux connectés. On peut ainsi citer le boitier Rubix Pod. C’est un objet que l’on peut mettre à n’importe quel endroit du bureau et qui permet de surveiller différents paramètres comme l’humidité, la température, la lumière, le bruit, la qualité de l’air, les odeurs, les particules, les vibrations, etc. Cet outil est une véritable perle pour les DRH qui peuvent en déduire les conditions optimales de travail. Ainsi, ils peuvent agir en temps réel sur certaines conditions afin de faciliter la vie de leurs employés. Tout comme dans le milieu du sport, où les entraineurs ajustent leur stratégie en temps réel, les patrons peuvent ajuster et adapter les manières de travailler en fonction de la situation analysée. Ses ajustements sont alors bénéfiques pour les employés comme pour les employeurs.

Si une entreprise propose à ses salariés de bénéficier d’objets connectés au travail, bien évidemment c’est parce qu’elle souhaite faciliter leurs vie au bureau, les voir plus motivés et heureux de travailler. Mais c’est également pour les employeurs un moyen pour rendre ses salariés plus productifs. Et bien évidemment avoir des salariés plus performants rend l’entreprise plus compétitive. Les objets connectés ont aussi souvent l’avantage de réduire l’impact environnemental. Avec les objets connectés, il est possible par exemple par exemple de connaître précisément la consommation d’eau en fonction des horaires, du nombre de personnes, du jour de la semaine, etc…Enfin, un dernier avantage indéniable pour les entreprises et pas des moindres : le fait de récolter des données ! Ces données permettent après analyse d’améliorer en continue l’espace de travail pour l’adapter aux besoins réels des employés.

Les bénéfices pour les employés sont également très nombreux. Les objets connectés permettent entre autre de mieux optimiser sa journée de travail, de ne pas perdre de temps sur des activités peu intéressantes et de se focaliser sur son bien-être. Prenons l’exemple du badge d’accès dématérialisé incorporé sur son smartphone. Il faut l’avouer ce badge est très utile. En effet, le risque est plus élevé d’oublier son badge physique que son smartphone. Ces innovations permettent d’améliorer les conditions de confort des employés.

Revenons à l’objet connecté n°1 dans l’esprit des français : la montre connectée. Elle aussi a su s’imposer dans le monde de l’entreprise même si elle y est encore aujourd’hui bien moins utiliser que dans le domaine sportif. Avec elle, tous vos outils sont désormais à portée de main. Idéale dans pour de nombreux métiers comme pour les commerciaux. Adaptée aux professionnels en quête de mobilité, la montre connectée permet d’avoir accès aux fonctions de base d’un ordinateur ou d’une tablette. Avec elle, la consultation des mails professionnels et/ou du calendrier se fait en un coup d’œil ! Plus petit, l’écran offre une vision instantanée des éléments dont ont besoins les commerciaux. En synchronisant la montre connectée à leur smartphone, de nombreuses fonctions sont désormais à leur disposition !

La facturation client, le suivi des ventes par affichage de graphiques ou l’animation de présentations commerciales sont désormais possibles et facilitées par cette montre connectée tout aussi pratique qu’esthétique. La montre connecté possède par ailleurs des applications lui étant spécialement réservés comme par exemple, Drextee Android Wear Messenger. Cette application permet de centraliser les sms, les messages WhatsApp ou encore les mails sur la montre et d’y avoir accès d’un seul geste. Impossible pour eux de passer à côté d’une information importante. Cela leur permet aussi de gérer les priorités, et de gagner du temps par rapport à un smartphone ou un pc. Le fait d’avoir la montre à son poignet à tout moment permet d’éviter les connexions avec son ordinateur ou son smartphone qu’on n’a pas toujours sur soi lorsqu’on est en rendez-vous ou en attente d’une réunion par exemple. Avec cette technologie, les commerciaux peuvent alors travailler partout, et leur espace de travail devient alors l’espace où ils se trouvent.

Si l’espace de travail est important pour travailler dans les meilleures conditions, il faut garder en tête que si les employés sont motivés, cela passe avant tout par le bien-être au travail. Et le bien-être aujourd’hui passe avant tout par la flexibilité de celui-ci.

c. PLUS DE FLEXIBILITÉ POUR PLUS DE BIEN-ETRE ET DE PRODUCTIVITÉ

La première action que la plupart des cadres et des employés de bureaux réalisent le matin en arrivant au travail, c’est d’allumer leur ordinateur. Et oui, le PC est devenu l’outil de travail indispensable et cela depuis de nombreuses années déjà. Ils nous permettent de travailler par le biais d’applications dédiées en fonctions des divers corps de métier (communication, développement web, ingénierie, …). 

Mais s’il y a bien un usage qui se retrouve chez tous les utilisateurs, c’est les mails. Ils nous permettent d’échanger rapidement avec nos collaborateurs et nos clients. Ils servent également de stockage pour nous permettre d’archiver des conversations, des fichiers, ou tout autre type de document. Lors d’un départ d’un employé dans une entreprise, il arrive souvent que son remplaçant n’arrive pas en même temps et ne sois pas formé. Celui-ci reprendra souvent sa boite mail, et ses archives, notamment dans le domaine commercial. 

Cela lui permet de retrouver certaines informations même si l’ancienne personne à déjà quitter le service et n’est plus joignable. Il peut alors simplement retrouver les différents échanges avec les clients pour savoir ce qui a déjà été fait, évoqué, demandé, etc. Outre la perte de temps, cela permet une meilleure crédibilité de l’entreprise par ses clients. Mais les emails, c’est bien plus que cela. C’est également la possibilité d’échanger plus facilement. Les employés se retrouvent ainsi bien plus à l’aise d’envoyer un mail à leur collègue situé dans le bureau d’à côté plutôt que de se lever sans arrêt pour le questionner. Ils peuvent ainsi échanger conversations et documents chacun dans leurs bureaux et ainsi avancer plus vite. La boite mail permet de recevoir des informations, les jours où nous ne sommes pas au travail. Ainsi, lorsque vous ratez une réunion, vous devrez allez voir chacun de vos collègues afin de savoir ce qui s’est passé et ce qui s’est échangé. Pas si compliqué dit comme cela, mais si vos collègues ne sont pas disponible à votre retour, le temps de récupérer les informations peut être assez long. 

Si une conversation s’est faite par mail, la personne absente pourra dès son retour au bureau la suivre et récupérer tout ce dont il a besoin pour se mettre à jour rapidement sur le projet. Les mails ont apportés pas mal de flexibilité sur le travail en entreprise, mais les nouvelles technologies avec ces outils de communication ont permis de réaliser ses activités à distance et ainsi d’avoir des conditions encore plus flexible. C’est une condition fortement demandé par les employés aujourd’hui : le télétravail.

Le télétravail désigne toutes les formes d’organisation du travail dans lesquelles un travail qui peut se réaliser dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon régulière et volontaire. L’usage des nouvelles technologies devient donc essentiel. Il faut pouvoir communiquer son travail par email, maîtriser les logiciels et être déjà à l’aise avec cette méthode de travail.
Il permet de mieux concilier vie privée et vie professionnelle. Avec la suppression des temps passés dans les transports, dans les bouchons, ou sur le trajet, les salariés peuvent reprendre certaines activités extra-professionnelles, ou encore récupérer leurs enfants à l’école. Cette flexibilité améliore leur bien-être au travail mais également leur engagement vis-à-vis de l’entreprise.
Par l’autonomie donnée dans l’organisation du travail, le télétravail institue un réel équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée des salariés. Il vient notamment satisfaire les attentes et désirs de la génération Y. Le télétravailleur dispose d’une plus grande latitude pour organiser à sa guise son emploi du temps de travail. Dans la limite du raisonnable bien évidemment. Car cette liberté ne lui épargne pas de produire des résultats ! Et qui dit autonomie, dit facteur de motivation des employés.
La diminution du stress et du temps perdu sur le trajet, en devient bénéfice pour les entreprises. Ces facteurs permettent de gagner du temps sur le temps de travail et ainsi d’être plus productif. Et à ces facteurs s’ajoute l’augmentation de la concentration du salarié. En effet, en étant chez lui ou dans un lieu calme, le salarié évite d’être importuné par des nuisances sonores, les appels téléphoniques à répétition, les allers et venues de ses collègues, etc. Cela permet encore de gagner en efficacité sur le temps travaillé.
Né par le biais des nouvelles technologies, le télétravail permet de jouer sur la productivité et le bien-être des salariés. Un salarié heureux est un salarié motivé et un salarié motivé est un salarié performant.
Pour améliorer ses performances et ses compétences, le salarié a également besoin d’apprendre et de se former tout au long de sa carrière. Seul on va vite mais ensemble on va plus loin. Et cela, les nouvelles technologies l’ont bien compris. Elles ont alors mis l’individu au centre du terme compétence en lui permettant de partager son savoir avec les autres et ainsi, promouvoir l’aspect collaboratif.

3. FORMATION ET PARTAGE PAR LES NOUVELLES TECHNOLOGIES

Les nouvelles technologies ont permis de créer de nombreuses plateformes collaboratives. Ainsi, on a vu se développer rapidement de nombreux réseaux sociaux ainsi que des plateformes de partages nous permettant d’apprendre comme d’échanger. Comme dans le sport, le monde professionnel, celui de l’entreprise dispose d’un nombre surprenant d’outils permettant de tisser des liens autour de nos centres d’intérêt.

a. DES FORMATIONS EN LIGNE OUVERTE A TOUS

Le développement des compétences et la construction des trajectoires professionnelles sont au cœur des préoccupations de chacun dans un monde en profonde mutation. Chacun souhaite aujourd’hui évoluer dans sa carrière professionnelle. Nombreux sont ceux qui se réorientent en cours de route, ou qui souhaitent acquérir de nouvelles compétences afin d’accéder à tel ou tel poste. C’est ainsi que les MOOC ont vu le jour. Un MOOC (en anglais Massive Open Online Courses) est un court ouvert à tous. Il permet à toutes personnes intéressées de se former en ligne et d’interagir avec d’autres personnes en fonctions de leurs centres d’intérêt dans le but de développer ses compétences sur un domaine. Les MOOC se sont énormément développés dans le domaine de l’enseignement supérieur mais également dans la formation professionnelle.

Si le MOOC a pu voir le jour c’est grâce à internet. Le MOOC repose sur une plateforme internet qui offre des cours sous des formes très diverses : vidéos, présentations PowerPoint, cours rédigés, exercices pratiques et corrigés ainsi que des espaces de partage interactifs.

L’avantage des MOOC c’est qu’en plus d’être pour la plupart du temps gratuit, ils sont accessibles à tous, tout le temps, et cela à n’importe quel endroit. C’est devenu un outil d’enseignement interactif permettant l’apprentissage ou l’approfondissement de connaissance ; évitant les contraintes du présentiel et développant le partage des savoirs et des expériences.

Au-delà de nombreux établissements de l’enseignement supérieur proposant des MOOC sur les sujets les plus variés, les offres se multiplient également dans le cadre de la formation professionnelle. A titre d’exemple, on retrouve de plus en plus de formations dans le cadre des ressources humaines, et/ou du management.
Ainsi on peut par exemple retrouver des cours proposé par l’IAS de Caen nommé « Métiers de la formation et du développement des compétences », une formation proposé dans un cursus du CNAM, « Droit européen des contrats de travail », un module « Les mots de la GRH » visant, au-delà des définitions et des concepts, à mieux cerner les fondamentaux RH et managériaux.

En parallèle à ces MOOC on retrouve d’autres plateformes permettant de nous former dans nos métiers ou d’en apprendre sur d’autres. Ainsi, on peut citer la plateforme collaborative « OpenClassrooms » anciennement appelé « le site du zéro ». Cette plateforme réservée à l’informatique permet à ses utilisateurs d’apprendre par le biais d’échanges entre chaque individu, de cours, de tutoriels, etc. Ainsi, un individu qui veut se former dans le développement web afin de créer un site web pour son entreprise pourra de manière simple et facile, d’autant plus gratuite, venir consulter les tutoriels réaliser sur le site, les suivre et apprendre en vue de réaliser ces objectifs. Si ce même individu venait à rencontrer un problème technique lors de son développement, il n’aurait peut-être pas dans son environnement interne une personne qui pourrait lui venir en aide. La plateforme OpenClassrooms lui permettra de poser sa question et de partager sa problématique avec une communauté active, de professionnel et d’amateur passionnés par l’informatique. Ce type de plateforme permet entre autre d’apprendre mais également de se réaliser seul.
Dans le même sens, on peut retrouver de nombreuses applications sur smartphones permettant d’apprendre, et de développer ces compétences dans tel ou tel domaine. Les applications les plus connues étant bien entendu celles nous permettant d’apprendre les langues étrangères. Les besoins de parler anglais en entreprise pour travailler avec des pays étrangers deviennent de plus en plus régulier, voir systématique. De nombreux cadres mais également des étudiants cherchent donc à apprendre rapidement. Et aujourd’hui, plus besoin d’investir dans des cours de langues, des applications mobiles peuvent faire de vous un parfait usager de la langue anglaise. On peut ainsi citer les pionniers dans le domaine : Babel, Duolingo, Memrise, etc.

Toutes ces plateformes permettant à la fois, un accès facile à la formation, mais tend également vers un développement de compétences à la fois personnel mais aussi collaboratif. Ce développement de compétences, répond aux besoins des employés qui ont envie d’apprendre et est donc un levier à la motivation des employés en entreprises. S’ils sont devant une difficulté, alors qu’auparavant beaucoup aurait abandonné, ils peuvent aujourd’hui se diriger vers ces plateformes pour la surmonter. Ces plateformes représentent aussi des avantages du côté des employeurs. En effet, avec certaines plateformes d’e-learning, lorsqu’un individu souhaite apprendre une langue ou une compétence, son manager peut l’inscrire sur la plateforme et suivre son avancement. Ainsi il peut voir ses résultats, analyser ses statistiques, voir directement là où il est bon et au contraire les endroits où il a des difficultés. Cela permet au manager de se positionner plus dans l’accompagnement de la personne dans l’aspect relationnel plutôt que dans sa formation.
Si ces espaces de partage collaboratif autour de formation en ligne se sont bien développés, celui des réseaux sociaux dans le milieu professionnel en ont fait de même.

a. LES RÉSEAUX SOCIAUX PROFESSIONNELS

Parmi les réseaux sociaux dans le milieu professionnel, on retrouve deux types de réseaux : les réseaux internes aux entreprises permettant de mettre en relation les employés entre eux et les réseaux sociaux externes destinés à promouvoir son entreprise mais également à créer un lien social entre les personnes.

Parmi les réseaux sociaux professionnels, on retrouve bien entendu le réseau LinkedIn et son concurrent français Viadeo. Ils mettent en relation entreprises et particuliers notamment pour la recherche de travail. Mais LinkedIn, c’est aussi le partage d’informations professionnelles. Ce partage d’information permet de se former et de se cultiver. Ainsi, tout comme les plateformes dédiées à l’apprentissage il nous permet de développer nos connaissances, sur tel ou tel sujet ou encore telle entreprise. Ce qui est intéressant dans ces réseaux c’est qu’ils permettent de mettre en relation directe les managers et les particuliers. Alors qu’auparavant, il était souvent difficile de joindre une personne assez haut placé dans l’entreprise, on peut désormais prendre contact avec en quelques clics seulement. Cela permet de rapprocher les personnes avant même qu’elles travaillent ensemble. Elles sont alors souvent bien plus enclin à commencer un projet ensemble. Mais là où les réseaux sociaux deviennent réellement intéressants pour l’entreprise et ses employés c’est à l’intérieur même des entreprises.

On les appelle les réseaux sociaux internes. Ces réseaux sociaux d’entreprise peuvent quant à eux faire évoluer nos modes de communication dans l’entreprise et il existe bon nombre d’avantages à choisir d’intégrer un réseau social interne au sein de son organisation.

Prenons l’exemple des nouveaux employés qui cherchent des réponses aux questions qu’ils se posent dès leur premier jour dans l’entreprise, mais n’osent pas demander et évitent d’envoyer des e-mails en rafale à des collègues encore inconnus. Avec un réseau social d’entreprise, ils peuvent poser leurs questions ou chercher des informations au sein du réseau, et ont de bonnes chances d’obtenir rapidement des réponses dans le flux d’échanges. Cette base de connaissances n’ayant de cesse de s’élargir, ils pourront passer plus de temps au travail effectif dès leur première semaine, plutôt que de la passer à rechercher des informations. Cela permettra d’augmenter leur productivité dès leurs arrivées. Mais ce n’est pas le seul avantage que représentent ces réseaux.

Dans un réseau social interne, des talents inconnus peuvent se révéler et rassembler un public intéressé. A l’intérieur de ces réseaux, il ne s’agit pas seulement de suivre les cadres, mais chacun des employés, quel que soit leur niveau dans l’entreprise, en présentant chaque jour des idées intéressantes, des liens vers des ressources, ainsi que des informations pertinentes et utiles aux yeux des collègues. Avant l’apparition des platesformes sociales, il n’y avait aucun moyen d’identifier ces ressources énormes en entreprise.

Autre avantage des réseaux, ils permettent de relier des employés éparpillés à travers le monde. En reliant plusieurs de leurs sites à travers les continents, les grandes entreprises peuvent améliorer leurs innovations, accélérer le développement de leurs produits, et économiser du temps pour répondre aux questions de leurs employés. L’utilisation de ces réseaux permet d’échanger depuis Paris avec un collègue situé à Pékin comme si vous échangiez des informations à la machine à café au bout du couloir.

Une autre utilisation de ces réseaux est liée à la crédibilité des informations. Le réseau social interne devient de plus en plus la source d’information la plus fiable de l’entreprise car son contenu est dynamique et mis à jour en temps réels par des experts à l’inverse des intranets et des sites SharePoint où le processus de mise à jour des contenus est fastidieux. Les communications au sein des réseaux sont également jugées plus fiables car les employés ont la possibilité de partager des informations dans un espace privé et sécurisé, commenter des sujets, et partager leur point de vue sur l’entreprise tout entière.

Les réseaux sociaux d’entreprise offrent par ailleurs aux employés la possibilité de faire la connaissance de certains collègues avec lesquels ils ne travailleront peut-être pas directement. C’est l’une des meilleures initiatives que puisse prendre une entreprise en interne afin de préparer l’arrivée de la nouvelle génération d’employés. Les jeunes de la génération Y espèrent pouvoir échanger et collaborer sur leur lieu de travail comme ils ont appris à l’école et dans leur vie personnelle.

Pour finir, on a souvent tendance à penser que la hiérarchie est bien figée et que les interactions qu’on a avec un collègue et un manager ne peuvent pas être les mêmes.
Les réseaux sociaux d’entreprise interviennent également à ce stade. Ils permettent aux cadres dirigeants de publier leurs commentaires directement dans le flux d’activités, et d’interagir avec tous les employés en même temps. L’approche sociale offre aux salariés l’occasion de communiquer et d’échanger de façon conviviale et rassurante avec les cadres. En parallèle, ceux-ci peuvent montrer un profil plus humain que celui qu’ils affichent lors des traditionnelles conférences téléphoniques sur les résultats financiers ou lors des réunions avec l’ensemble du personnel.

En définitive, la nouvelle technologie s’impose par le biais des réseaux sociaux comme un véritable outil collaboratif qui permet de rassembler les gens autour d’une passion commune (dans l’univers personnel) ou d’un projet commun (au sein d’une entreprise). Elle positionne l’employé au cœur de sa stratégie pour récupérer le maximum de compétence de celui-ci et faire progresser le bien commun.

4. DÉRIVES, MAUVAIS RESSENTIS, DÉSHUMANISATION DE L’ENTREPRISE

La technologie amène donc dans le monde de l’entreprise un nombre incontestable de changements, qui sont bien souvent bénéfiques pour les employés comme pour les employeurs. L’objectif étant toujours de tendre vers une amélioration des performances en améliorant et facilitant les conditions de travail.

Cependant, tout comme dans le sport, la technologie apporte son lot de dérive. Les objets connectés permettant d’améliorer les conditions de travail des salariés sont pour autant souvent considérés comme les nouveaux chevaux de Troie des entreprises. Prenons l’exemple qui revient le plus à l’esprit de la population : les GPS. Ces objets permettent aux conducteurs de régler leurs trajets à l’avance et ainsi de trouver le meilleur trajet pour arriver à destination. Ainsi, ils peuvent éviter de perdre du temps sur la route, contourner les éventuels bouchons ou trouver le chemin le plus rapide. Cela permet indéniablement au chauffeur comme à l’entreprise de gagner en performance et en productivité. Cependant, avec ces outils, les employeurs peuvent désormais suivre en temps réel la position de leurs chauffeurs. Si celui-ci décide de prendre une pause sur la route, d’aller boire un coup, de manger un bout, etc, la société le saura, et pourra l’en informer. Cependant, cela n’empêche en rien le chauffeur de réaliser ses objectifs. Beaucoup d’entre eux peuvent alors se sentir pistés par leurs employeurs. De même avec l’objet connecté le plus connus de tous : la montre connecté. Certaines entreprises ont décidé d’en offrir à leurs employés en vue d’améliorer leur productivité. C’est le cas de la société Japan Airlines (JAL) par exemple. Elle a décidé de doter ses salariés de cet équipement. Une partie du personnel au sol dispose de ces montres fabriquées par les constructeurs coréens LG et Samsung. Leurs managers peuvent alors les localiser plus rapidement puis les diriger vers des points ou affluent les clients par exemple mais aussi les affecter à un vol mis en place de façon imprévue après un retard ou une annulation. Ici encore, le salarié est détectable à n’importe quel moment et l’usage de la montre peut rapidement dérivé, si son employeur ne souhaite pas qu’ils prennent de pause, ou que le salarié ne se trouve pas là où il faut à l’instant demandé. Des pensées extrémistes mais qui se révèlent dans certains cas d’entreprises. Pour une totale équité et un respect de la vie privée, ces objets ou ces utilisations doivent se trouver bridés à une certaine étape. En France, la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) protègent relativement bien les individus dans leurs vies privées. Un combat qui doit se continuer dans l’hexagone et dans le monde entier.

Si on revient sur les emails, on peut s’apercevoir également qu’ils détiennent leurs lots d’inconvénients sur le temps de travail mais également sur le bien-être du salarié. Toute personne qui détient une boite mail, sait qu’un temps de gestion des messages est indispensable. Avec le nombre de différents échanges entre collaborateurs, additionné à la pollution publicitaire ou informative que représentent l’emailing et les newsletters entre autre, multiplié par les courriers à traiter, augmentent donc le temps passé dessus. Cela vient donc parfois ralentir les performances en entreprises. Pour contrer cela, certaines personnes synchronisent donc leur boite mail professionnelle sur leur smartphone ou encore leur ordinateur personnel. Ils prennent donc de l’avance sur la semaine en jetant un coup d’œil à leur boite de réception le dimanche soir par exemple. Cela leur permet de savoir ce qui les attend et de prendre de l’avance sur le travail a effectuer. Cependant, cela pose un problème sur la dissociation vie privée/vie professionnelle. Beaucoup de personnes n’arrivent plus à faire la distinction entre les deux, et viennent à « travailler » durant leurs jours de repos, ce qui peut à terme nuire à la santé et au bien-être dans l’entreprise, avec un sentiment de surcharge de travail. Il faut donc bien utiliser cet outil. Aujourd’hui il est possible de mettre des sécurités sur les boites mails pour ne pas être envahi de mails intrusifs. Une formation et un accompagnement à l’usage des boites mails peut-être mis en place par les managers en entreprise afin de prévenir des potentiels menaces de ceux-ci sur la vie privée.

Le télétravail quant à lui permet comme on a pu le voir d’améliorer le bien-être des employés, tout en augmentant leur productivité dans l’entreprise. Cependant, s’il facilite le recrutement et accroît la motivation, il peut s’avérer néfaste pour la cohésion d’équipe et le sentiment d’isolement. En effet, la liberté donnée au salarié qui effectue du télétravail peut nuire à son sentiment d’appartenance envers l’entreprise. De plus, si le salarié effectue plus de travail chez lui que dans l’entreprise, il peut arriver qu’il se détache de ses collègues pour travailler seul. Cela ne crée plus d’esprit d’équipe, ni même de cohésion entre les personnes. Et comme on a déjà pu le dire il ne faut pas oublier l’esprit d’équipe et l’esprit collaboratif car encore une fois, seul on va plus vite mais ensemble on va plus loin. Dernière dérive du télétravail, il se peut parfois que le salarié pour assister à une réunion, ou à un rendez-vous avec son responsable ou tout autre acteur, réalise avec lui un entretien vidéo par des logiciels comme Skype notamment. A ce moment, la vidéo va filmer le salarié à l’intérieur de son appartement. Le manager rentre alors directement dans la sphère privée de son employé même si celui-ci ne s’en est encore pas rendu compte. Il pénètre son intimité en ayant un œil sur son environnement personnel.

Ces dérives peuvent je le pense facilement être contournées. Pour cela, il faudrait limiter le télétravail dans les entreprises à un temps partiel : un jour par semaine par exemple, défini à l’avance afin que toute l’équipe sache le jour d’absence du salarié et s’organise en fonction pour les réunions et autres rendez-vous important. Il faut garder cette obligation de venir travailler en entreprise pour pouvoir assister aux réunions, aux rapports d’activités, qui permettent au salarié de conserver un lien avec ses collègues et de participer à la vie de l’entreprise.

III. VERS UN NOUVEAU STYLE DE MANAGEMENT

Depuis toujours, les hommes ont dû se manager et manager les autres afin de réaliser leurs objectifs. Au fil du temps et avec l’évolution des comportements humains, le management a donc du évolué pour répondre à la fois aux besoins des entreprises comme aux besoins des employés. Il a alors été possible d’analyser les différents types de management et de les catégoriser.

1. LES DIFFÉRENTS TYPES DE MANAGEMENT

Comme nous avons pu l’évoquer en début de ce mémoire, le management c’est la mise en œuvre des moyens humains et matériels pour atteindre des objectifs. Il correspond à l’idée de gestion et de pilotage.

Pour certains le management est un « art ». Mais ceux qui ont appris à ne pas trop s’en laisser compter préciseront que si le management est un art, c’est avant tout celui d’inciter les autres ou soi-même à faire ce qu’ils n’ont pas toujours forcément envie de faire !
Le management c’est donc la capacité des managers à diriger les employés d’un service et/ou d’une entreprise. Bien qu’exercé par une personne en particulier, le manager, il est soumis à des objectifs et des contraintes relatives à celles de l’entreprise. Les managers doivent diriger les ressources humaines en vue d’atteindre les résultats attendus tout en tenant compte des besoins de leurs équipes en vue de garantir la meilleure productivité.

Ils doivent prendre en compte le rapport entre l’offre et la demande sur le marché du travail, étant donné que les employés préféreront travailler dans l’entreprise offrant les meilleures conditions de travail. Bien qu’en haut dans la hiérarchie, ils doivent respecter la réglementation du travail et les droits des salariés sous peine d’être sanctionnés. Bien que la finalité reste la même, le type de management utilisé peut varier d’un manager à l’autre.

Les styles de management peuvent être très différents d’une entreprise à une autre. Ils dépendent généralement du secteur d’activité dans lequel exerce la société, de la culture de l’entreprise, ou encore de la personnalité du manager lui-même (éducation, psychologie, valeurs). Cependant, on peut catégoriser les différents managements exercés.

On distingue alors traditionnellement les styles de management suivants :

• Autoritaire, aussi appelé directif,
• Paternaliste,
• Persuasif,
• Délégatif ou consultatif,
• Participatif.

Le schéma ci-dessous illustre les styles de management selon l’usage du relationnel et de l’implication du manager :

 

 
Le manager autoritaire ou directif fixe des objectifs clairs à ses employés, sans les consulter. Ces derniers ne sont pas impliqués dans les décisions. La communication se fait du haut vers le bas. La motivation se fait par la crainte, la sanction mais aussi la récompense. Le manager essaiera toutefois d’analyser par lui-même les besoins de ses employés afin d’éviter tout conflit contre-productif.

C’est un style de management tourné résultat, encore très présent dans l‘industrie par exemple. L’avantage de cette méthode c’est l’efficacité obtenu notamment dans les situations d’urgence. En revanche, ce style de management risque de démotiver les employés et est souvent source de conflit.

Orienter vers l’idée de résultats également, on retrouve le management délégatif. La motivation peut là encore se faire par la récompense et le peur de la sanction. Mais dans ce contexte la responsabilité des décisions est en partie laissée aux employés, ce qui amène une forme de responsabilisation, mais aussi une pression supplémentaire. C’est un style de management qu’on retrouve régulièrement dans les relations entre le top-management et les managers intermédiaires. Il permet de responsabiliser les acteurs et de détecter les talents et l’autonomie de ceux-ci mais risque de démotiver suite à la pression exercée.

Le style de management persuasif (ou informatif), quant à lui est marqué par une forte implication du manager dans les décisions, dont il porte l’entière responsabilité bien que l’avis des employés est pris en considération par le biais d’échanges réguliers. Les décisions sont expliquées et les conflits sont alors souvent évités. L’avantage est qu’il donne aux employés un sentiment d’appartenance, par le biais d’une cohésion et d’une capacité à fédérer et motiver les différents acteurs, mais c’est un style de management souvent très coûteux et difficile à mettre en œuvre.
Le style de management paternaliste est lui une variante du management persuasif, plus aboutie. Dans ce contexte, la direction fait preuve d’autorité dans les décisions mais aussi d’une grande bienveillance envers ses salariés, notamment pour ce qui concerne leurs conditions de travail. Les managers prêtent une oreille attentive aux difficultés et besoins des employés y compris en dehors du temps de travail. Ces derniers bénéficient d’avantages concrets et développent un fort sentiment d’appartenance, de loyauté voire de fierté.
Enfin on retrouve le management participatif. Il consiste à laisser une grande place aux salariés dans les décisions et l’organisation de leur travail, tout en les accompagnants. Les managers jouent le rôle d’arbitres bienveillants et de facilitateurs. Ce type de management peut se rencontrer au sein de certaines start-up par exemple, même si ce qui est affiché ne correspond pas toujours à la réalité. Le participatif donne au salarié un sentiment d’appartenance, responsabilise les acteurs et permet de créer une cohésion d’équipe. Il permet également aux employés d’être plus ouverts et créatifs. Pour que tout se passe dans les meilleures conditions, il faut cependant que les managers soient formés à ce mode de management sinon, il risque de mener vers une désorganisation du service. Ce type de management est bien souvent le plus apprécié des employés car il est quant à lui centré sur les relations humaines.

Aimé des employés, bénéfique pour les entreprises, je pense que ce type de management peut aujourd’hui être aidé par les nouvelles technologies pour continuer à exister et à se développer. Voir pourquoi pas tendre encore vers un nouveau type de management, comme une version amélioré de celui-ci.

Comme nous avons pu le voir avec les nouvelles attentes de la part des employés en matière de flexibilité au travail, combinées à l’essor du numérique, on obtient une remise en cause progressive des modèles managériaux des entreprises. La rapidité et la diversification des flux d’informations, l’usage des réseaux sociaux en entreprises, l’interactivité grandissante entre les employés, des collaborateurs de plus en plus « nomades », etc. Le digital a tout simplement changé le monde de l’entreprise que ce soit au niveau de ses métiers, de sa communication, de son organisation et même de sa culture.

Face à cette constante évolution des nouvelles technologies en entreprise et des attentes des employés, le modèle pyramidal de l’entreprise d’hier ne convient plus. Il n’est par exemple plus possible de manager comme à l’ère industrielle.

Je pense qu’il serait bon de s’appuyer sur les nouvelles technologies et le modèle participatif afin de rester centré sur le relationnel et de garder l’humain au cœur de l’activité. Il serait alors possible de tendre vers un management plus libre, plus collaboratif et voir une évolution majeure du rôle de manager.

2. VERS UN MANAGEMENT PLUS LIBRE

Comme nous avons déjà pu le décrire, la motivation des employés aujourd’hui passe tout autant par le bien-être ressenti au travail, que par l’appréciation du travail lui-même ou la rémunération. Désormais, en plus de chercher un travail dans le domaine désiré, la nouvelle génération recherche un travail où elle pourra s’épanouir personnellement. Ainsi, si le management est l’art de motiver les employés, il faut désormais les motiver par l’autonomie dans les tâches, le bien-être en entreprise (ambiance de travail collègue/hiérarchie) ainsi que la flexibilité vie professionnelle/vie personnelle. Une motivation qu’on peut donc tout naturellement entraîner par le biais des nouvelles technologies.

Revenons sur le quantified-self que nous avons évoqué dans le domaine sportif. Cette auto-mesure de soi qui permet à l’individu de s’autogérer par l’accès à des analyses et des statistiques résultants de données récupérées pas les objets connectés. Le sportif amateur comme professionnel peut alors mesurer sa performance et prendre les décisions nécessaires pour progresser dans sa discipline. Et si nous transposions cela dans le monde de l’entreprise. Pourquoi ne pas mettre à disposition des employés plus d’innovation technologique et ainsi les responsabiliser afin qu’il soit maître de leurs projets. C’est en réalité un nouveau mode qui s’est développé dans les entreprises libérées et chez les indépendants : le self-management.

Cette évolution est la fusion du besoin et de l’envie. Le besoin qu’on les entreprises de disposer d’organisation réactive capable de s’adapter plus vite à son environnement ainsi que l’envie des employés d’obtenir un travail intéressant leur permettant de s’accomplir, plutôt que de devoir entrer dans un moule hiérarchique figé et de faire seulement ce qu’on leur demande.

Chaque employé devient alors totalement autonome dans ses tâches, et est responsable de l’organisation de sa propre mission, tout comme il l’est dans le sport en fonction de ses objectifs.

Ce type de management amène de nombreux avantages. Il permet de mettre l’humain au cœur de l’organisation, et de la stratégie d’entreprise. Les employés sont (généralement) bien plus heureux quand ils contrôlent leur vie (et donc leur travail) et s’épanouissent avec le sens des responsabilités. De plus, je pense qu’il est contre-productif d’aller contre la décision de la personne qui va en réalité faire le travail et réaliser la mission. Mais en étant plus libre, le management vient également rendre service à l’entreprise. Responsabiliser les employés c’est leurs permettre de décider en temps réel et donc d’obtenir une meilleure réactivité. Un gain de productivité appréciable tant pour le salarié lui-même que pour l’entreprise.

De même, tout en étant responsabilisé les employés aujourd’hui désirent progresser dans l’entreprise et sont souvent à la recherche de nouvelles connaissances. La curiosité et l’envie d’apprendre en motive plus d’un. L’envie de grader et de formation, ou tout simplement d’être le meilleur dans son domaine, est une motivation pour de nombreuses personnes comme nous avons pu le voir au centre de la performance sportive.

Permettre à l’employé de se former tout au long de sa carrière, n’est plus une éventualité mais devrait aujourd’hui être intégré dans toutes les entreprises. L’idée n’est cependant pas de demander au personnel de l’entreprise de se former ou de l’imposer au cours de la carrière pour progresser, mais de le rendre possible.

Acquérir de nouvelles connaissances et compétences, se fait tous les jours. L’entreprise de demain peut alors mettre en place des MOOC d’entreprise pour laisser ses employés se former à leurs convenances sur l’entreprise, le domaine, sans avoir à quémander des informations auprès des différents acteurs de la société. Imaginons une entreprise exerçant dans le secteur d’activité de l’automobile. Un employé arrivant à la communication externe va apprendre à son arrivée les avantages et bénéfices de la marque qu’il doit promouvoir. Cependant, au cours de sa carrière il pourrait être intéressé de savoir comment est gérer la production, la construction, etc. Si toutes les étapes étaient expliquées par des acteurs au sein d’une plateforme d’apprentissage, les employés pourraient alors se former en permanence.

Des modules d’e-learning interne aux entreprises seraient également très intéressants à mettre en œuvre. Un employé souhaitant passer un grade mais devant acquérir certaines compétences pourrait alors se former, tout en suivant sa performance par le biais de statistiques données par le logiciel. Ces données pourront de la même façon être analysées par les employeurs afin d’accorder à l’individu une reconnaissance ou non.

Ce besoin de reconnaissance est l’un des besoins primaires énoncés dans la pyramide de Maslow. Il permet à l’individu de se sentir considérer, et améliore le sentiment de bien-être au sein d’une organisation. Si l’on revient sur un appui technologique, comme dans un logiciel d’e-learning pour les employés, par exemple, l’employeur et le manager pourront alors analyser rapidement les statistiques et les performances des employés, par le bais de notifications, de graphiques, etc, arrivé à un certain point, et les récompenser.

Un autre point sur lequel le management pourrait évoluer grâce à la technologie, et souvent synonyme de bien-être également : la flexibilité du travail. Comme nous l’avons fait remarquer précédemment, la technologie permet d’optimiser nos lieux de travail mais également de les élargir. Un management plus libre c’est aussi un management plus flexible, et les méthodes telles que le télétravail doivent y être intégrées pour faciliter la vie des collaborateurs. Il faudrait bien entendu prendre en compte les potentielles dérives liées à cette activité mais laisser la possibilité à l’employé de prendre un jour par semaine en télétravail, c’est leur donner plus de liberté pour trouver l’équilibre vie personnelle/vie professionnelle, et ainsi favoriser leur bien-être dans l’entreprise.

Bien entendu, bien qu’il apporte son lot d’avantages et qu’il permettrait à l’employé de performer en entreprise, le management proposé ne doit pas s’arrêter à celui de la personne. L’individualisme permet de mieux travailler, et cela a été prouvé mais il ne faut pas perdre l’esprit d’équipe pour avancer.

3. VERS UN MANAGEMENT PLUS COLLABORATIF

L’émergence des nouvelles technologies de communication et de l’information a totalement bouleversé les rapports humains. Nous avons pu le voir dans le milieu du sport comme dans le monde de l’entreprise. L’arrivée des réseaux sociaux et des plateformes collaboratives nous ont incités à communiquer davantage et à partager tout en atténuant les barrières physique et psychologique que nous avions auparavant.

Désormais, par le biais des réseaux nous communiquons avec tout le monde et ce même si la personne avec laquelle nous échangeons réside à l’autre bout du monde ou n’appartient pas à la même classe sociale que nous. Il n’y a plus de barrière entre les différents individus. Un sportif amateur peut suivre et contacter des athlètes professionnels ou interagir avec d’autres sportifs internationalement connus. Une personne à la recherche d’emploi peut contacter directement un responsable d’entreprise et échanger avec lui sur son projet et ses motivations. Ainsi, les nouvelles technologies et le web 2.0 ont cassé le système de hiérarchie pyramidal ainsi que la communication verticale pour laisser place à un mode participatif, collaboratif, et ainsi mettre en place une communication horizontale entre tous les partis. Et c’est ce à quoi doit s’adapter le management d’aujourd’hui et de demain.

L’heure est au partage d’informations. Si les nouvelles technologies permettent de motiver et de développer des compétences, les nouveaux modes qu’elles ont créés en font de même. Ainsi, le travail collaboratif, en plus d’être idyllique pour les employés représentent des avantages incontestables pour les entreprises. Grâce à la centralisation des données et des différents documents sur une seule et même plateforme, vous ne perdrez plus de temps à rechercher un document ou une information. La collaboration et le travail d’équipe permettent d’être plus réactif et plus souple en cas de changement soudain. De plus, par son aspect collaboratif ce nouveau type de management permettrait à chacun des collaborateurs de mieux connaitre ses collègues et ainsi de créer du lien dans le but d’améliorer l’ambiance au travail. Ces différents facteurs favoriseraient le partage de connaissances, la productivité, et les performances de l’équipe. Il ne s’agit plus d’avoir un élément compétent et de compter dessus, mais d’agir en équipe, d’être soudé et réaliser des objectifs communs grâce aux connaissances et au savoir-faire de chacun.

On pourrait croire que cette idée plutôt utopique est difficilement implantable dans les grandes entreprises et qu’elle se destine plutôt à des jeunes startups. Pourtant, même les plus grandes sociétés l’ont adopté. C’est la promesse des entreprises spécialisées dans le numérique : abolir l’éloignement géographique en promouvant le travail collaboratif à distance. On retrouve alors des plateformes collaboratives et ce type de management au sein des plus grandes entreprises : IBM et son Project Toscana, Microsoft avec Gigjam, ou même Google avec Spaces.

Alors qu’elles soient nouvelles ou avec des années d’existence, privées ou publiques, toutes les entreprises peuvent désormais se diriger vers un management collaboratif. Avec ces différents outils accessibles par tous : plateformes collaboratives, logiciels de gestion de projet, messageries instantanées, réseaux sociaux d’entreprise ou encore visioconférence, tous vous permettent de favoriser la communication, l’échange et le partage entre les collaborateurs.
Le management peut donc se métamorphoser par le biais de la technologie pour mener vers un management plus libre et plus collaboratif. Cela permettrait de responsabiliser les différents acteurs, les motiver, et leurs laisser plus de flexibilités pour mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle afin d’améliorer leur bien-être et leur engagement en entreprise. Cependant, bien que ce mode présente de nombreux atouts, il ne sera pas synonyme de productivité s’il n’est pas cadré. Pour garantir son efficacité, il doit être mis en œuvre de façon progressive et susciter l’adhésion et l’implication de tous les collaborateurs. Et pour ce faire, le rôle du manager sera primordial.

4. L’ÉVOLUTION DU MANAGER

Avec cette évolution du management, la flexibilité et l’autonomie acquise par chacun des collaborateurs, ainsi que la collaboration à travers l’entreprise et les différents acteurs, on assisterait à une mutation totale de la fonction du manager. Celui-ci ne perdrait aucunement son titre mais se verrait devenir un nouveau modèle avec un nouveau rôle fortement induit par le numérique.

La tâche principale du manager est d’organiser le travail de ses équipes et de définir les fonctions de chacun des collaborateurs en vue d’atteindre plusieurs objectifs fixés par le comité de direction de l’entreprise. Néanmoins, avec le développement du numérique, la fonction du manager viendrait à se métamorphoser pour répondre à de multiples besoins.

Si l’entreprise de demain sera tournée vers l’aspect collaboratif, ce sera bien au manager de le mettre en place. Celui-ci devra avoir la capacité à créer des liens forts entre les collaborateurs et les différents services. Sa priorité sera donc tout naturellement de responsabiliser et rendre autonome l’ensemble des employés en les guidant dans la bonne direction à prendre. Avec l’arrivée du numérique dans l’entreprise, le manager devra donc assumer son rôle de manager mais il devra avant tout savoir se placer comme leader auprès de ses collaborateurs. Avec l’arrivée du collaboratif au sein de la société, il devra occuper le rôle de facilitateur et d’animateur auprès des différentes équipes.

S’il parvient au cours de ses objectifs à mettre en valeur les compétences de chaque employé autour des missions à réaliser, il créera alors de la valeur et développera une intelligence collective. Cela permettrait alors de favoriser l’engagement des collaborateurs et de contribuer à un gain de productivité, de création et d’innovation.
Même si certains redoutent le fait de voir disparaître le métier de manager avec l’arrivée du digital au sein des entreprises et les nouvelles attentes des employés en matière de flexibilité au travail par exemple, il faut garder à l’esprit que le métier de manager ne va pas s’éteindre pour autant. Sa fonction devra certes évoluer mais il n’en restera pas moins une pièce maîtresse dans la réussite de l’entreprise.
L’idée est que la technologie vienne métamorphoser l’organisation de l’entreprise en passant d’un système hiérarchique verticale et pyramidale à une organisation horizontale. C’est donc sur ce nouveau terrain où la technologie vient faire émerger l’entreprise « horizontale et libérée », que le manager devra s’adapter en devenant avant tout un facilitateur.

Pour ce faire, le manager dispose comme nous avons pu le voir au cours de ce mémoire d’un large éventail d’outils et de moyens de communication offert par les nouvelles technologies. Objets connectés pour l’analyse en temps réel, réseaux sociaux internes, plateformes collaboratives, ou encore SMS, le manager d’aujourd’hui comme de demain a largement le choix pour transmettre les bonnes informations, au bon moment et à la bonne personne. La possibilité d’interactions permet d’améliorer considérablement le dialogue et les échanges entre les différents collaborateurs de l’entreprise. C’est sur ces points que tendra la réussite des entreprises : la coopération, l’écoute et l’interaction de chacun. D’ailleurs ces outils sont d’autant plus précieux avec l’émergence de la flexibilité au travail dont nous avons pu parler précédemment. Que le collaborateur exerce du télétravail ou soit positionné sur un autre site, le contact et le suivi de celui-ci restent possibles, et c’est au manager de s’y adapter.

Afin de se positionner sur l’aspect relationnel, le manager devra déléguer certaines tâches à la technologie et en faire son allié pour parfaire dans son nouveau rôle. Par exemple, plutôt que de vouloir constamment suivre ses employés et les analyser pour savoir ce qu’ils font de bien ou pas, le manager pourra laisser la technologie récupérer les informations et le lui transmettre. Ainsi en déléguant certaines tâches à la technologie, le manager pourra se concentré pour garder l’aspect relationnel de son nouveau rôle. De plus, on dit souvent que la perception de l’homme face à une situation peut être biaisée par ce qu’il peut penser ou connaitre de certaines facettes. En déléguant à la technologie, celle-ci sera sur ce point bien plus en mesure d’agir par le biais d’intelligence artificielle par exemple.

Ainsi, tout comme dans le sport, le manager pourrait s’appuyer sur la technologie afin d’analyser les données de ses employés pour créer les meilleures équipes. Imaginons qu’il puisse analyser et mesurer par le biais de la technologie certains critères tels que leurs concentrations, leurs compétences, ou encore le jour ainsi que les planches horaires où ils sont réellement les plus productifs. Il pourrait alors composer l’équipe de travail la plus dynamique pour répondre à tel ou tel projet, ou encore ajuster les horaires de travail de ses employés, afin de rester sur l’idée de flexibilité tout en ayant pour objectif la productivité et l’atteinte des objectifs de l’entreprise.

En résumé, que ce soit par l’employé, l’équipe ou le manager, et même si les technologies sont au cœur de l’évolution du management d’aujourd’hui et de demain, la transformation des entreprises et des rôles de chacun se caractérisera avant tout par l’humain. La nouvelle responsabilité du manager à l’ère du digital sera d’accompagner l’ensemble de ses équipes dans une transition et une mutation dont ils sont les principaux protagonistes. Il devra agir en tant que facilitateur afin d’encourager, et rassurer l’ensemble des employés sur leur avenir et de valoriser le rôle de chacun. Et pour cela, la technologie deviendra l’un des piliers de sa fonction.

CONCLUSION

En résumé, l’ère du numérique dans laquelle nous vivons a entraîné une métamorphose complète de la société et des comportements humains. Non seulement la technologie s’est imposée comme un levier indéniable pour la motivation de l’individu et le développement de ses compétences mais elle lui a permis également de se rapprocher des autres, et de progresser grâce à une unification.

Quel que soit le domaine, la technologie est omniprésente et révèle de nombreux avantages pour l’individu. Aujourd’hui il est d’ailleurs difficile de vivre sans. Elle facilite nos vies personnelles et professionnelles et nous a permis d’apprendre sur nous et notre environnement.

Cette évolution provient non seulement de la nouvelle vague d’innovation technologique qui a fait son apparition ces dernières années, mais également d’une convergence entre les technologies destinées aux consommateurs dans leurs vies personnelles et quotidiennes et celles conçues pour les entreprises. Ce que l’homme possède dans sa vie quotidienne, il souhaite désormais le retrouver dans sa carrière professionnelle : flexibilité, autonomie, partage, etc.

Avancer en mode projet se répand alors de plus en plus. Et les termes « participatif », « collaboratif » et « coopératif » s’imposent davantage chaque jour. Cette vision provoque des répercussions sur nos modes de fonctionnement ainsi que sur le management au sein d’une organisation. Et pour cause, le rapport entre manager et collaborateurs s’estompe. Les nouvelles technologies nous mènent vers un nouveau type de management plus libre et plus collaboratif. C’est un point relativement positif qui doit tout de même être amené de façon réfléchie et par le biais de formation.

Cependant avant de mettre en place la technologie au sein de son entreprise et de se développer avec, il est nécessaire en amont d’en évaluer les risques pour la société ainsi que pour l’ensemble des collaborateurs. La mise en place de la technologie en entreprise et l’évolution du management qui pourrait lui être associée doivent être considérée comme un véritable projet à part entière. Le digital change les façons de manager et de travailler mais il doit rester au service de l’homme et non l’inverse, l’homme doit rester au cœur du développement.
Les évolutions engendrées par la transition numérique ne sont pas sans risque, et il faudra toujours veiller à respecter la vie privée de chacun. Avec les données récoltées, le bureau de demain sera intimement lié à notre lieu de vie afin de favoriser la motivation et les performances de chacun. Une bonne raison de s’interroger sur la place qu’aura le travail dans la vie des salariés dans l’avenir. Devant une utilisation aussi offensive de la technologie dans notre quotidien ainsi que dans le milieu professionnel, on peut alors se demander si on sera vraiment capable d’exploiter toutes les données qu’elle nous fournit, et ce de manière raisonnable.

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Joachim Mérimèche

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