À regarder autour de moi au sein du monde entrepreneurial et en analysant les plus grosses boîtes, j’ai une tendance progressive à penser que le monde de l’entreprise devient un lieu plutôt absurde.
Les réunions récurrentes, les séminaires sportifs, et les processus sans fin semble inutiles et frustrants pour de nombreux collaborateurs. En outre, je pense que les postes de Chief Hapiness Officers (Responsable du Bonheur) et les pratiques comme la méditation, les babyfoots et les méthodes agiles basées sur le jeu et l’amusement ne sont pas toujours bénéfiques pour les employés. Au contraire, cela peut les « tromper » en les obligeant à être « heureux » sans que cela ne profite réellement à leur bien-être. Personnellement, je pense qu’il est important de sortir les employés de cette « infantilisation » et de leur donner la liberté de s’exprimer tout en redonnant du sens à leur travail.
Là ne serait pas la clé de la motivation et de la productivité recherché par les managers ?
Le bonheur en entreprise : une véritable amélioration ou une fausse promesse?
Personnellement, j’ai tendance à penser que le bonheur au travail relève d’une certaine hypocrisie managériale. Le bonheur est une affaire privée et ne devrait pas être géré par des managers.
D’ailleurs comment pourrait on définir le bonheur ? N’est-il pas propre à chacun ? Le bonheur est indéfinissable. Aucun responsable, même bienveillant ne pourra le définir. Et si le bonheur de certains résidait dans le fait d’être riches, les entreprises augmenteraient elles leurs salaires pour les satisfaire ?
Je pense que la crise managériale actuelle, qui prône le bonheur et l’implication de la sphère privée dans l’entreprise, est assez tyrannique. Les « Chief Happiness Officers » sont des postes fictifs intégré à la stratégie marketing des entreprises souhaitant se mettre en avant, car le bonheur est indéfinissable contrairement au malheur. Il est très difficile de le définir car il n’est pas un état stable et dépend de facteurs externes au contexte professionnel. Vouloir que l’entreprise gère le bien-être des individus est une arnaque intellectuelle.
La quête du bonheur en entreprise, une utopie en finalité ?
Malgré toutes les bonnes intentions et les initiatives engagées pour le bien-être des salariés, il y a de plus en plus de maladies socioprofessionnelles. Le problème est que le salarié qui n’est pas heureux dans son travail se sent coupable car il pense que tout a été fait pour son bonheur. C’est comme quelqu’un de dépressif qui se voit dire « tu as tout pour être heureux, pourquoi ne l’es-tu pas ? ». Cette accumulation de pression est néfaste et peut rendre les salariés encore plus malheureux.
N’est-il pas temps de laisser de côté toutes ces illusions infantiles et de prôner une autonomie plus large pour les salariés ? Moins de procédures inutiles ? Moins de réunions interminables, de brainstormings qui ne mènent à rien ?
Ayant eu de nombreuses expériences totalement différentes dans des entreprises de tout secteurs, j’aurais tendance aujourd’hui à dire que la part de bonheur en entreprise se situe dans l’autonomie qui est donné au salarié afin de lui permettre d’établir à sa manière de véritables actions dans un projet commun. Cela rend les gens bien plus heureux en entreprise que des babyfoots, des plantes vertes ou des smoothies bio. Se sentir utile, avoir la confiance de ses managers, gérer ses journées de manières agiles
Remettre le collaborateur au centre de l'entreprise et le responsabiliser
Pour moi, la clé pour améliorer le bien-être des salariés en entreprise, c’est de revenir à l’essentiel. Il ne sert à rien de dépenser de l’argent inutilement pour des gadgets futiles qui n’ont aucun impact sur la qualité de vie au travail. Il est essentiel de remettre les collaborateurs au centre de l’entreprise en leur donnant plus de responsabilités.
Si un employé se lève le matin pour faire un travail qui le passionne et qui correspond à ses aspirations, il sera naturellement bien dans son environnement de travail. A-t-on vraiment besoin de plus que cela pour être heureux au travail ?
En travaillant chez Canefora (Agence de communication digitale sur Annecy), j’ai découvert une culture d’entreprise basée sur la satisfaction des employés. En leur offrant une grande liberté d’action, des horaires flexibles, un environnement de travail agréable et en les impliquant dans la prise de décisions, l’entreprise a réussi à créer une ambiance de travail exceptionnelle et une loyauté sans faille de la part de ses employés.
En fin de compte, le véritable bonheur des employés en entreprise ne réside pas dans les babyfoots, les fruits frais ou les séances de méditation, mais plutôt dans la liberté d’agir, la confiance, le respect et la valorisation de leur contribution au sein de l’entreprise.